La voix de la raison

Peut être une image de 2 personnes et texte qui dit ’AUJOURD'HUIN °1923D DUJEU 15JULLET 21.qxp_Miseenpage 14/07/2021 22:33 P1 aujourd'hui Prix 300Fcfa aujourdhuinews2018@gmail.com N°1923 15.07.21 Pour Banny: La réconciliation est impératif catégorique! quatrième voix officielle qui venue mêler débat nationale RHDP éfutede forces. mercredi, l'ancien président de CDVR, Konan Banny effetp tribune dans laquelle démontre que dialogue national inclusif demandé Bédié su impératif catégorique...PAGES de Le ministre de la justice refuse que Gbagbo rende visite aux prisonniers politiques PAGE8 Toutb La Côte d'lvoire, 17ème pays le plus corrompu l'Afrique PAGE9’

Charles Konan Banny a rompu le silence ce mercredi en publiant une tribune sur la réconciliation nationale qu’il a décrite comme un impératif catégorique.
Les hommes politiques ivoiriens ont souvent brillé par leurs silences face à des enjeux nationaux importants soit par calculs, soit par peurs ; dans les eux cas par lâcheté. Ce qui a toujours aidé les uns à manipuler les autres qui ne savent pas.
Au demeurant, la prise de parole de M. Banny est d’autant plus décisive que celui-ci ne parle pas seulement comme un ancien Premier ministre ou comme un ancien gouverneur de la Bceao dont la voix compte sur l’échiquier national. C’est en effet l’ancien président de la commission nationale dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) qu’Alassane Ouattara, jouant les réconciliateurs de façade devant ses parrains internationaux, s’était empressé de mettre en place, dans la foulée d’une victoire militaire offerte par la France sur un plateau d’argent le 11 avril 2011.

L’histoire a ensuite montré que le président et son réconciliateur exécutif ne se sont pas entendus, le second réclamant le soutien ou les efforts que le premier n’a pas consentis à lui donner. Sous cet angle, la Côte d’Ivoire a déjà son réconciliateur attitré puisque M. Banny a fatalement emmagasiné, en plus de son immense talent d’homme d’Etat, une riche expérience de ces trois années pendant lesquelles il a présidé la CDVR.
Mais ceci est une autre histoire. Car sa tribune aide surtout à bien replacer les choses dans leur contexte. Banny explique en effet et on le perçoit clairement entre les lignes de son exposé, que la CDVR n’a pas achevé son travail pour les raisons sus-indiquées.

Mais en plus de cela, de nouvelles crises sont apparues tout au long de la gestion du pouvoir par Alassane Ouattara. Il y a eu, de toute évidence, la crise du troisième mandat en 2020 mais celle-ci est venue ponctuer toute une série de petites crises nées d’interminables polémiques sur la commission nationale indépendante (CEI), le code électoral, la révision constitutionnelle qui, elle, a eu pour conséquence une patrimonialisation de la gestion des institutions nationales.

Bref, puisqu’il a autant domestiqué la loi fondamentale, le président de la République ne se préoccupe même plus du vide qui s’installe à la tête de certaines d’entre elles alors même que leur érection avait été vantée comme un saut vers le progrès. Notre pays vogue donc sur des crises, certaines larvées, d’autres ouvertes et il est insensé de prétendre qu’il n’est pas en crise comme l’a prétendu, de manière péremptoire, le directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo qui animait une conférence de presse lundi dernier. Cette sortie de Charles Konan Banny isole surtout le pouvoir RHDP qui devient ainsi le seul en Côte d’Ivoire à ne pas voir que notre pays ne peut pas continuer à ne pas respecter ses textes et tout le contrat social qui va avec pour lequel des milliers de personnes ont sacrifié leurs vies ou leur avenir.Le dialogue national inclusif est donc une chance. Car il peut aider à redéfinir un nouveau projet démocratique qui va encadrer le destin de notre nation durant les décennies à venir. C’est un enjeu qui dépasse les égos surdimensionnés de toutes ces personnes pour qui nous n’avons rien à demander si ce n’est d’exécuter leurs ordres. C’est pour cela que tout ce qui compte comme voix respectable dans notre pays doit s’associer à l’appel des deux anciens présidents. Parce que c’est par ailleurs la voix de la raison. Et il n’est pas encore tard de l’opposer à la logique de la violence qui structure depuis des décennies la gouvernance du RDR-RHDP.
Joseph Titi GnahouaJoseph Titi

Ci-dessous, l’Intégrité du texte de Charles Konan Banny

CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR LE DIALOGUE NATIONAL ET LA RÉCONCILIATION PAR CHARLES KONAN BANNY, ANCIEN PREMIER MINISTRE ET ANCIEN PRÉSIDENT DE LA CDVR

La fin de la semaine dernière a été marquée par plusieurs événements politiques dont les Ivoiriens pouvaient s’attendre à ce qu’ils contribuent à faire avancer le vivre ensemble, la cohésion sociale via la réconciliation nationale.

A cet effet, pour ma part, je voudrais retenir trois discours :
*le premier adressé aux Ivoiriens par Henri Konan Bédié, ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, Président du PDCI-RDA à l’occasion de la visite à lui rendue par Laurent Gbagbo, dans son village à Daoukro ;
*le second discours prononcé par Koudou Laurent Gbagbo, ancien Président de la République, fraîchement sorti de dix années d’éloignement de son pays, parce que emprisonné par la CPI à la prison de Scheveningen (à la Haye –Hollande) en réponse à Henri Konan Bédié ;
*le troisième discours c’est la conférence de presse prononcée par Adama Bictogo, Vice président de l’Assemblée nationale et premier responsable du parti au pouvoir dénommé RHDP, en réponse aux deux premiers propos que je viens de citer.

Je retiens du discours de Bédié à Daoukro qu’il nous propose qu’un dialogue national inclusif ait lieu dans notre pays qui nous permettrait, pense-t-il, de sortir de la crise dans laquelle nous nous sommes enfoncés depuis fort et trop longtemps à mon goût.Une telle proposition me paraît raisonnable, réaliste et sage. Dès lors que ce dialogue convoque les ressorts de notre société et que, comme l’a souvent dit le Père fondateur Félix Houphouët-Boigny, le dialogue est l’arme des forts.

Quant à Laurent Gbagbo, il se pose la question légitime de savoir pour quelle raison donc a-t-il dû passer tant d’années en prison puisqu’il a été acquitté par la Cour de Justice internationale. Il poursuit en nous appelant à nous dire toutes les vérités parce que la vérité soigne et guérit.Implicitement et logiquement cela signifie que s’il est déclaré non coupable par la Cour de justice internationale, cette même Cour devrait continuer à rechercher les responsables dans cette crise qui a fait tant de malheureux et a fracturé notre pays.

Quant à Adama Bictogo, Vice-président de l’Assemblée nationale et premier responsable du Parti au pouvoir dénommé RHDP, je dois dire que sa déclaration m’a étonné.L’objectivité m’amène cependant à lui faire crédit lorsqu’il dit que la réconciliation nationale ne doit pas se limiter aux conversations entre 3 responsables malgré tout le respect qu’on leur doit, Bédié, Ouattara et Gbagbo.
Oui jeune frère tu as entièrement raison.
Mais là où le bât blesse dans tes propos c’est que tu refuses de façon catégorique et péremptoire tout dialogue, en d’autres termes tu fermes toute possibilité à nos concitoyens et à nous tous de nous parler pour se dire les vérités, toutes les vérités alors que comme le même Laurent Gbagbo le dit ”la vérité soigne et guérit”.

En effet, nous ne pourrions sortir de cette longue crise et ne pouvons prétendre sérieusement aller à la réconciliation nationale pour une cohésion sociale sans catharsis, nous devrons éviter la simple cautérisation. C’est là le fil rouge et la philosophie qui a guidé la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation pendant trois ans. Cette Commission a travaillé pour savoir que s’est-il passé en Côte d’Ivoire, comment avons-nous pu rompre le consensus houphouétien, comment avons-nous pu abandonner le dialogue, l’arme des forts, qui enrichit pour prendre les armes à feu qui tuent, les armes verbales qui blessent, qui a fait quoi et pourquoi ?Une fois ce diagnostic établi, nous devrons emprunter la voie de la justice du pardon qui n’est pas synonyme de l’oubli. En effet, ce qui s’est passé fera désormais partie de notre histoire commune et de notre récit national.

On n’oublie pas mais on pardonne.
Le pardon est une force, la capacité de se dépasser. Pour y arriver, chacun est appelé à reconnaître ce qu’il a fait et qui a participé à créer et alimenter la longue crise que nous traversons.Chacun est appelé au dépassement, à l’humilité pour se repentir et reconnaître ses erreurs ou ses fautes.En contrepartie la Nation s’est disposée à accorder le pardon qui nous fait avancer. Dès lors que nous prendrons l’engagement de dire : PLUS JAMAIS CELA DANS NOTRE PAYS.

C’est le sens profond des recommandations finales qu’a faite au Chef de l’Etat et au Gouvernement la CDVR.Dans l’intervalle, la Commission a suggéré également un comportement fait de tolérance et d’acceptation des différences. En ce qui concerne les Autorités qui nous gouvernent, la Commission leur a recommandé de poser des actes et de prendre des décisions qui apaisent et ramènent la confiance perdue.

J’ajoute au final que nous avons tenu à ce que notre modèle soit un modèle inculturé à savoir qu’il prenne en compte nos valeurs philosophiques et culturelles par exemple que la terre souillée par le sang de ses enfants soit purifiée, que le ciel époux de la terre où réside notre Père éternel reçoive notre repentance et notre pardon.

Je souhaite une bonne fois pour toutes que les Ivoiriens dans leur entièreté comprennent et s’engagent dans cette voie.Tout autre voie en dehors de ce que nous venons de résumer ne nous permettra pas de retrouver le vivre ensemble, la cohésion nationale tant recherchés par nos compatriotes.

Au total, gardons-nous de considérer la réconciliation comme un outil politicien et opportuniste.C’est un impératif catégorique national à inscrire désormais dans le temps long alimenté par les politiques et les comportements adéquats.
Charles Konan BannyPdci24

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