Le FPI à travers la loupe du journaliste

« Nous n’allons pas faire de la communication un programme de Gouvernement », boudait le défunt ministre Asségnini Désiré Tagro qui était en phase avec le président Laurent Gbagbo.

Le premier ministre Aké N’Gbo chez la Première Dame.

Si le FPI a ignoré ce segment important de la gouvernance moderne au point qu’il a été le parent pauvre sur la scène internationale, il n’en a pas tiré les leçons pour sa virginité et polir son image. Les derniers événements sont la parfaite illustration que la communication, dernière roue de la charrette, demeure le talon d’Achille.

Après plus de sept ans de détention dans les prisons ivoiriennes, Mme Simone Éhivet Gbagbo a recouvré la liberté le 8 août 2018. Alors qu’elle a promis d’intervenir prochainement parce qu’elle sait que son discours est attendu du monde entier, elle s’est oubliée dans l’ivresse de la foule. Et sans fil conducteur, elle a mis les pieds dans le plat, se démarquant de son sage appel, à son procès, au pardon entre les Ivoiriens.

Si le ton acerbe de son discours a rappelé celui dans l’opposition avant la prise du pouvoir avec les termes désuets de « combat » et « debout chers militants » qui indiquent que le FPI n’a pas fait sa mue, elle s’est rangée derrière Abou Drahamane Sangaré, le « Gardien du temple ».
D’où le message de Charles Blé Goudé adressé à l’ex-Première dame pour arrondir les angles. « Je sais que dans tes valises, il n’y a ni haine ni vengeance », pour lui souffler que sa posture, c’est de prendre de la hauteur pour tendre la main et rassembler.

Car de l’autre côté, Pascal Affi N’Guessan, lui aussi mal conseillé, a raté le coche. C’est ce 8 août, jour de la libération de Mme Gbagbo, qu’il a choisi d’organiser une conférence de presse qui apparaît manifestement comme celle de la provocation.
Aucun acte politique n’étant gratuit, on subodore qu’il voulait ou saboter l’accueil réservé à la « sanguine » ex-détenue ou banaliser l’événement surtout que son discours l’a disputé à la bravade. « Sachez que je ne veux pas m’afficher ou faire de la récupération politique », s’est-il justifié avec morgue.

La crise politique au FPI finit par convaincre qu’en raison du manque flagrant d’humilité, le pardon est rarissime et la réconciliation pour aller à la reconquête du pouvoir d’État, presque vaine.
Alors, au risque de décevoir de nombreuses attentes, les deux camps ont repris de plus belle la guerre à travers des lettres ouvertes incendiaires, des propos peu amènes et des assauts d’inimitié.
Les yeux bandés et les oreilles bouchées, ils ne voient pas et n’entendent pas avec quelles élégance, finesse et sobriété relatives le PDCI-RDA, lui aussi en butte à une dissidence interne, gère sa crise. Sans fermer à double tour la porte.
F. M. Bally
Bally Ferro

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