Le camp de réfugiés au Togo menace d’être rasé

Quelques nouvelles fraiches du camp de réfugiés aux Togo, à Avézopo, distant de 20 km de Lomé, en direction du Bénin.
Bientôt les vacances, les jeunes qui bénéficiaient d’un peu de scolarisation vont être en « congés » donc oisiveté, et risque de délinquance et prostitution pour les ados et pré-ados… Un ami ivoirien que je connais bien tente d’encadrer ces jeunes, à côté de son travail à l’extérieur du camp, « grâce au Seigneur et la contribution d’un pasteur qui m’aide à les former ».

L’image contient peut-être : 4 personnes, foule et plein air
image d’Archives du camp d’Avézépo

Rappelons que les réfugiés ne bénéficient plus d’aucune prise en charge alimentaire, et ce depuis plusieurs années, maintenant. Ce sont juste parfois quelques amis des exilés qui peuvent envoyer quelques ballons d’oxygène. L’unique contribution du HCR en avril 2018, fut de leur apporter quelques vêtements d’occasion, des « fripes » en provenance du Japon.
Nous mentionnerons juste Children of Africa, cette ONG auréolée, célèbre partout dans le monde des bien-pensants, et qui a été totalement absente et silencieuse : elle n’a jamais entendu parler de ces enfants ivoiriens en situation précaire, aux portes du pays ! D’ailleurs le sort des réfugiés et de leurs enfants n’a jamais empêché dame Ouattara de briller dans les cercles étrangers pour lesquels elle seraient mère Thérèse rediviva ! Le problème, c’est que personne ne doit savoir qu’il y a encore des ivoiriens en exil, malheureux, persécutés, cela empêcherait la communauté internationale de parler si bien de la réconciliation et de la réussite du retour des réfugiés au bercail !
Pas même un cartable, quelques petits livres issus de ses bibliobus, quelques soins et vaccinations, rien, l’ONG de dame Ouattara ignore totalement les camps de réfugiés, ici comme ailleurs, au Bénin, au Ghana…
135 lits d’hôpital pour toute la Côte d’Ivoire avec un petit quota de lits pour les familles nécessiteuses, c’est l’unique réponse de dame Ouattara au problème des enfants ivoiriens malades. Quelques miettes encore à Bouaké et autres fiefs de rebelles avec la création de centres pour occuper ces chers petits. Didier Drogba proposait de construire quatre hôpitaux, avant même que Dame Ouattara ne se saisisse de cette « noble cause », puis il s’en est abstenu, s’investissant ailleurs, craignant de se voir dépossédé de son projet et de ses fonds.
Officiellement cet hôpital privé de Bingerville accueille toutes les mères et tous les enfants, mais il y a moins d’un mois, l’exception confirmant la règle, une dame s’est présentée pour accoucher; à l’entrée, une certaine somme forfaitaire a été exigée que malheureusement le couple n’avait même pas. Alors la parturiente et son mari ont été éconduits : « pas d’argent, pas d’accouchement ».

Mais revenons au camp de camp d’Avezopo.
La seule activité du HCR en cette année 2018, en dehors de l’unique distribution de vêtements, fut de prendre quelques personnes parmi les réfugiés et leur faire passer la frontière, pour les amener jusqu’à Abidjan. A eux de tester le niveau de sécurité et le boum économique à presque deux chiffres. Une semaine plus tard les ivoiriens en exil étaient de retour, chargés de diffuser la bonne nouvelle: tout va bien, tous les réfugiés peuvent rentrer « Il y a maintenant la sécurité en Côte d’Ivoire. Dommage certains ont cru et sont partis en départ volontaire. »
Nous avions déjà relevé le fait que ce camp se trouve accolé à un camp militaire et de ce fait il y a parfois des manœuvres non loin du camp, voire à l’intérieur du camp.

Aux dernières nouvelles, le camp risque d’être fermé et démantelé. En effet, un opérateur économique a racheté le terrain, et envisagerait de raser les bâtiments. Cette nouvelle a été apportée par le directeur de cabinet d’un ministre togolais en charge du camp de réfugiés, venu rencontrer les responsables, il y a deux semaines. Les réfugiés doivent quitter les lieux, parce que à tout moment le nouveau propriétaire peut venir à renfort de bulldozer déguerpir ses occupants, petits et grands.
Quant au HCR, il s’en lave les mains. La promenade à Abidjan et le retour des exilés au pays est semble-t-il sa seule réponse…
« Donc nous vivons dans cette peur quotidienne, que Dieu nous garde!»

Shlomit
d’après mes échanges avec un ami habitant le camp d’Avezépo.

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