La dernière posture aigre-douce de Ouattara

LE DERNIER COMBAT DE OUATTARA

Après son discours du 16 juillet 2018 à l’AG constitutive du parti unifié RHDP et au lendemain de son message du 6 août 2018 à la nation, Alassane Ouattara ne briguera pas un autre mandat présidentiel en octobre 2020.
Malgré les aléas de la vie, j’ai l’intime et ferme conviction que le chef de l’État a choisi de passer le témoin. Mais, dans la gestion patrimoniale du pouvoir et de sa succession, il a défini des critères propres à lui qui sont sélectifs: des « cadres compétents » qui « ont reçu une formation de qualité » et qui « ont appris à nos côtés ». Son combat, faire passer la pilule.
Au niveau de ses ouailles, il y a une poche de résistance: le jeune « pressé » Soro Guillaume. Pour le conduire à revoir ses prétentions à la baisse, Ouattara vient de lui donner une carotte: l’amnistie de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul, son directeur de protocole qui était poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

C’est avec Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, que le désaccord est profond sur le ticket présidentiel de 2020; d’où la palabre. Car, en militant pour une alternance en faveur de l’ex-parti unique, Bédié refuse la paire Daniel Kablan Duncan (vice-président du PDCI et vice-président de la République) – Amadou Gon Coulibaly (vice-président du RDR et Premier ministre) que soutient et défend Ouattara.
Duncan, cadre supérieur de banque, et Gon Coulibaly, ingénieur, sont les portraits crachés des critères de Ouattara: depuis la Primature (1990-1993) jusqu’à la présidence de la République, ces deux cadres bien formés dans de grandes universités sont dans le sillage de Ouattara et sont des hommes-liges qui garantissent une succession à l’abri de vagues.

Le hic, c’est la reconduite du schéma de l’Exécutif actuel avec la mainmise du RDR. Les deux présidentiables échappent encore au contrôle du PDCI-RDA et de son président dont le ticket présidentiel de départ était conduit par Emmanuel Niamien N’Goran.
Après la défaite cuisante de ce dernier aux législatives de décembre 2016 et son débarquement de l’Inspection générale d’État avec une cote de popularité au creux de la vague, tout indique que Bédié lui-même examinerait la possibilité d’être candidat en 2020 en prenant comme colistier ou Jean-Louis Billon ou Soro Guillaume pour faire du neuf avec du vieux.

C’est pour contrarier cette velléité que Ouattara est à la manœuvre et fait une cour assidue à Bédié. « Nous devons, le président Bédié et moi, travailler main dans la main pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération », a soutenu Ouattara le 16 juillet 2016 pour tenter de convaincre son aîné.
Et des entretiens et autres tractations ne sont pas à écarter malgré les apparentes dissensions politiques, pour parvenir consensuellement au « renouvellement des générations ».

Toutefois, ceux qui prendraient cette profession de foi pour argent comptant en pensant à des quadragénaires comme Emmanuel Macron soutenus pour diriger le pays, devront repasser demain. Bédié est né le 5 mai 1934; il a 84 ans. Duncan a vu le jour le 30 juin 1943; il a 75 ans. Amadou Gon Coulibaly est né le 10 février 1959; il a 59 ans.
Dans un monde politique ivoirien de gérontocratie, le changement s’opère dans la continuité.
F. M. Bally
Bally Ferro

Côte d’Ivoire/Politique : on rabat les cartes pour un autre jeu !

Contre toute attente, connaissant les dérives dictatoriales du régime d’Abidjan, Alassane Ouattara dans son discours à l’occasion de la fête nationale de la Côte d’Ivoire a annoncé la liberté pour Simone Gbagbo et de plusieurs autres prisonniers politiques. Cette annonce que les analystes politiques du monde ne cessent jusque-là de commenter est une nouvelle donne sur la scène politique qui fait le lit d’une redistribution des cartes.
Le Président Ouattara malgré le contexte de pression de toute part, et l’ambiance morose avec son allié circonstanciel Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, avec cette decision d’amnistier des dignitaires du parti de Laurent Gbagbo le « damné », se refait une jouvence politique. Car comme certains l’avaient déja évoqué, c’est la première et grande décision politique d’Alassane Ouattara depuis sa deuxieme investiture le 21 mai 2011 à Yamoussoukro. Le faisant, Ouattara constatant l’échec du bras de fer malgré la naissance du « Parti unifié » avec « Sur les traces de », tente de reprendre la main sur Bédié dont la résidence a été ces dernieres semaines le lieu de pèlerinage de nombreux acteurs politiques déçus. Il coupe l’herbe sous les pieds de Guillaume Soro qui depuis deux ans appellent à une réconciliation véritable sans pouvoir y parvenir par des actes concrets. Au passage, Soul to Soul, son directeur de protocole est aussi « gracié » par Ouattara. Le chef de l’Etat ivoirien ainsi contraint, sa decision renforce contre son gré le FPI de Gbagbo mené sur le terrain par Aboudrahamane Sangaré. Ce qui lui permet de se refaire une santé face à ses « amis » de l’international qui semblaient le lâcher… Vu le dernier rapport de l’union Européenne. A propos du FPI, Ouattara doit à présent aller plus loin. Simone Gbagbo en liberté, Ouattara devra laisser la justice analyser à nouveau le conflit de reconnaissance légale au sein du FPI. La laisser à Affi Nguessan qui peine ou la redonner à Sangaré auréolé par l’estime populaire, Ouattara est là aussi contraint de faire le choix pour se donner un profil démocrate.
En ce qui concerne donc l’ambiance au FPI, beaucoup souhaitent deja que la présence de Simone Gbagbo, grande personnalité de ce parti puissent aider à sceller les retrouvailles ou à consacrer la rupture définitive. C’est en effet l’opportunité pour tous ceux qui hésitent à assumer la valeur politique Laurent Gbagbo de le faire à présent au risque de se mettre hors jeu définitivement. Affi Nguessan gagnerait à donner la legalité du parti à Laurent Gbagbo par Sangaré. C’est une aubaine aussi pour le Prof. Mamadou Koulibaly, parti créer le Lider suite à des malentendus internes, de retrouver ses camarades du FPI pour reprendre toute l’estime que lui porte la base. Tout autre calcul serait dénué de tout réalisme politique. Les cartes ainsi redistribuées, le camp Gbagbo ne servira plus de remorque dans le calcul d’autres partis politiques lorgnant avec intérêt l’électorat de ce grand homme politique sans reconnaitre pleinement ce dernier. Chacun détient slots son destin dans sa main. Avoir l’intelligence et la modestie de reprendre. Ou s’isoler définitivement en cavalant seul.
Hermann Aboa

BELLE LUCIDITÉ

Liberation de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire: un geste plus politique qu’humain, mais… une occasion pour repartir à zéro

En Interne Ouattara est mis en difficulté par Soro Guillaume le caméléon imprévisible et Bédié la momie ‘rebelle’ du RHDP. De l’autre côté le FPI est toujours en embuscade et ‘parle’ de plus en plus avec le PDCI de Bédié.
Ouattara dont le pouvoir dépend de la météo changeante du regard de ses ‘partenaires’ internationaux souffre en ce moment d’un rapport accablant de l’Union Européenne sur la situation sociopolitique de dans les faits, l’homme est cerné de partout et son avenir politique marche à reculons.

Mais aujourd’hui, en un claquement de lèvres, dans cette sorte de jeu de Poker Ouattara a joué une carte que personne n’a vu venir. Il a ainsi repris les choses en main de la plus belle des manières et peut maintenant redistribuer à sa guise les cartes du jeu politique Ivoirien.

Il a joué juste et bien cette fois sans faire couler plus de sang et de larmes de peine ! Pour une fois oui, avec une certaine finesse autant appréciable que malsaine.
Et comme le dit ici Théophile Kouamouo dans une publication aujourd’hui, « En amnistiant Assoa Adou et surtout Simone Gbagbo, Alassane Ouattara pose son premier acte vraiment politique depuis 7 ans. Il rompt avec la brutalité pure et simple pour faire dans la perfidie subtile ». Il libère même Soul To Soul pour « calmer » le Clan Soro.
Oui c’est bien le cas et ce n’est pas par bonté mais le calcul politique est bien visible.
Toutefois avec ces libérations, qui aujourd’hui en Côte d’Ivoire pourrait demander un procès pour les crimes de guerre des rebelles de l’armée de Ouattara ? Qui ? Et pourquoi finalement ?

Bref…

Libérez Gbagbo, Liberez les prisonniers politiques, libérez les tous, libérez les. Organisez le retour des exilés et réfugiés Ivoiriens. Ça suffit !

Les Ivoiriens ont besoin de se réconcilier chacun avec soi-même et chacun avec l’autre. Notre pays a besoin de paix pour faire face aux défis du moment et de demain.
Donnons une nouvelle chance à ce pays qu’on aime tant et qui mérite mieux que cette situation.

Vous voulez le pouvoir ? Il est là, mais faites valoir vos arguments et non vos armements.
Tant de pays l’on fait, nous pouvons y arriver: ensemble transformons pacifiquement notre pays en un état de droit.

[ Twitter: @ClaudusKouadio
https://twitter.com/clauduskouadio ] Claudus – ©#StayTrue

Je reviens vite fait et je retourne dans mes inbox…
Ton camarade a parlé. Un quart d’heure pour tenter de régler 8 ans de tension.
1- Ordonnance portant amnistie générale. 72 militaires auteurs des crimes de sang ne sont pas concernés.
2- CEI: recomposition de la commission électorale indépendante.
3- Le reste, c’est discours de politicien

Ma satisfaction: Depuis 2011, toutes mes publications convergeaient vers le même point: Justice pour tous ou libération pour tous. Je t’ai régulièrement demandé de transmettre à ton camarade ma vision de la réconciliation nationale

1- À partir du moment où la colonne vertébrale du pouvoir Gbagbo est incarcérée, libérer tous les autres prisonniers qui pour certains, ont défendu ce qui leur paraissait une cause politique noble. Gbagbo, Blé Goudé et Dogbo Blé paient pour tous les autres qu’ils ont commandés. Gbagbo à Laurent n’est pas le prisonnier de la Cote d’Ivoire mais celui de la communauté internationale. Pareil pour Blé Goudé. Donc, ton camarade ne peut absolument rien sauf à se plier en mille ou à se faire hara-kiri. Mais tous les autres? J’ai régulièrement proposé à ton camarade de les élargir. De donner une chance à la fraternité nationale.
2- Simone Gbagbo: Je ne connais pas la Femme Simone Gbagbo. Mais je connais la femme politique pour avoir lu plusieurs publications à son sujet.

De 1998 à 2000, alors rédacteur en chef de l’hebdomadaire L’Agora, quand je faisais les interviewes de Laurent à Gbagbo, Simone Gbagbo était celle qui relisait les textes avant publication.

J’ai demandé un jour à Gbagbo Laurent, « Qui était Simone Gbagbo pour lui? ». La question paraissait tellement bête à ceux qui assistaient à l’interview qu’ils m’ont regardé avec des yeux écarquillés. Froidement, le président Gbagbo Laurent a répondu. « Elle est d’abord ma camarade militante avant d’être mon épouse. Nous nous sommes croisés dans les cercles militants. Nous avons mené de grands débats idéologiques. C’est après qu’elle est devenue mon épouse. Si Simone ne portait pas le nom Gbagbo, elle était toute indiquée pour être mon premier ministre. ».
Simone Gbagbo est une intellectuelle et femme politique pour laquelle chaque mot a un sens précis. Et qui sait défendre ses opinions. Elle a suffisamment payé pour son engagement politique et pour le nom Gbagbo qu’elle porte. Qui plus est, la Justice ivoirienne, en l’acquittant en Assises, a montré que trop de légendes ont été tissées autour de cette femme…

La décision arrive tard, certains me disent sous la pression, mais j’achète! Je préfère la liberté par la pression que l’emprisonnement par la haine.

3- J’espère vivement que tous ces frères et sœurs en exil peuvent retrouver la terre de leurs ancêtres. Sans craintes. Comptes dégelés. Maisons et entreprises pour certains libérées et rétrocédées.

Passe le message à ton camarade: moi, je suis heureux. J’ai été heureux hier quand Henriette Dagri Diabaté et les militants du RDR avaient été libérés. Je le suis aujourd’hui. J’ai été heureux hier, quand le mandat d’arrêt international contre ADO a été annulé. Je le suis aujourd’hui…
Barthelemy Zouzoua Inabo