Le franc CFA, une monnaie bizarre

contribution de l’économiste Serge-Nicolas NZI
I – le rôle négatif de la BCEAO
Le franc CFA, une monnaie bizarre(une contribution de Dr. Serge-Nicolas NZI)

La BCEAO, par son silence coupable depuis de nombreuses années sur le mode de gestion de cette monnaie bizarre qu’est le franc CFA, a contribué négativement à polluer le débat et à pousser l’opinion africaine à la révolte contre ce qui devait être un instrument d’intégration africaine.

 Il y a eu finalement  procès contre Kemi Seba  et l’opinion africaine dans sa grande majorité voit aujourd’hui le CFA comme une monnaie de servitude et une filouterie  qui ne favorise pas le progrès économique et social de cette sous région ouest africaine.
La BCEAO, a-t-elle honte du fait que c’est la France qui est le centre de décision de cette banque centrale qui se dit africaine ? Puisse qu’elle sait porter plainte, pourquoi la BCEAO n’avait-elle pas porté  plainte dans l’affaire du casse  de ses agences de Bouaké, Korhogo et de Man en Côte d’Ivoire,  plus d’un milliard CFA emporté par la rébellion ivoirienne ?
 N’est-il pas de son devoir de porter plainte pour retrouver cet argent qui lui revient de droit? Si la France s’oppose à cette enquête qu’on le sache ? Comment renouer la confiance avec l’opinion africaine après tant de silences coupables qui discréditent aujourd’hui la banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest aux yeux  du contribuable africain ?
 
II  – La BCEAO et ses contradictions
La banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest, nous a habitué à la voir mener des combats d’arrière garde pour exister en tant que banque centrale africaine. De 1959 à 1973 elle avait un français comme directeur général et le siège se trouvait à Paris. Les africains ont du batailler pendant de longues années pour que ;  Abdoulaye Fadiga,  en soit le premier africain à diriger la BCEAO avec le titre de gouverneur, et pourtant la banque centrale se dit  africaine.
La BCEAO a du mener bataille pour africaniser les cadres de la banque et transférer son siège de Paris à Dakar en juin 1978 et pourtant c’est une banque centrale  africaine. Aujourd’hui deux administrateurs français siègent  à son conseil alors que la France n’est plus membre de la zone franc. Ne parlons même pas de la dévaluation imposée par la France en 1993 pour mieux se sucrer sur le dos de nos malheureux peuples africains. A cela s’ajoutent les contraintes liées au mode de gestion. La BCEAO est indépendante des gouvernements des pays membres mais rattachée au trésor public français.
Le fait aussi que les dépôts de devises de la zone CFA, se trouvent dans le trésor d’un autre pays ne dérange même pas la BCEAO. Tout cela  est complètement incompatible avec le bon sens et toute l’intelligence dont Dieu nous a dotés. Comment pouvons-nous expliquer à nos enfants que les deux administrateurs français qui siègent au conseil de la BCEAO, sont plus puissants que le gouverneur issu du pays ayant le plus d’argent dans la banque centrale?
Si les billets de la BCEAO sont aujourd’hui brulés sur la place publique, c’est en réalité une protestation venant du plus profond de nos âmes, un refus catégorique de cette servitude monétaire qui fait que les pays les plus pauvres du continent africain se trouvent dans cette zone CFA, malgré leurs ressources. L’asservissement monétaire est rejeté et vomis par les nouvelles générations complètement désireuses de faire sauter  le dernier verrou de la colonisation économique de l’Afrique. C’est cela le cordon ombilical qu’il faut couper et le jeter loin pour se frayer son propre chemin dans ces temps obscurs où on ne distingue plus le chien du loup.
III –  La main mise de la France sur le CFA est indigne et détestable
Les dirigeants politiques de l’ancienne Allemagne de l’Est étaient incapables de prévoir la colère populaire et la volonté de changement  contenues dans le pays. Ils n’avaient pas imaginé la chute du mur de Berlin. La France aussi n’avait pas imaginé le désastre de la guerre d’Indochine et celui de la guerre d’Algérie. C’est un pays dont les dirigeants politiques croient tout résoudre par l’arrogance et le mépris de l’autre.
La France est dans cette posture aujourd’hui. Son refus de toutes réformes du fonctionnement de la BCEAO et de son CFA, pousse progressivement de nombreux africains à ne plus se reconnaitre dans les deux banques centrales que sont : la BCEAO et la BCEAC. La gestion du CFA est une filouterie inacceptable et indigne de la France qui est aujourd’hui incapable de réussir là ou les anglais ont fait mieux.
Ceux qui sont pour cette monnaie ne nous présentent pas des arguments prouvant sont efficacité, regardez simplement la paupérisation des pays du franc CFA, dans cinquante ans ils seront encore là avec le tribalisme,  des mutineries, des salaires n’ont payé, des famines, des ravages de SIDA et de malaria, des hôpitaux mouroirs, des écoles dépotoirs, des universités qui ne servent qu’à fabriquer des chômeurs, des routes impraticables et des prisons remplient jusqu’au toit de pauvres gens dont le seul crime est d’avoir exprimé leur opposition à une dictature criminelle, rampante, hautaine et médiocre.
Si à cela vous ajoutez. Les 50% des devises que chaque pays de la zone CFA doit déposer au trésor public français avec un taux de rémunération inférieur au taux du crédit dans la zone Euro, vous comprendrez que c’est tout simplement de l’escroquerie organisée. Comment des pays où il manque de tout peuvent-ils fonctionner avec la moitié de leurs recettes d’exportation dans le coffre de l’ancien colonisateur? Quel est cette dépendance qui n’a pas de fin ?
Il ne faut pas oublier que la France garde dans sa manche la possibilité de dévaluer le franc CFA quand elle veut et cela sans même l’avis des malheureux chefs d’Etats africains corrompus jusqu’à la moelle qui pour durer au pouvoir sont obligés de se comporter comme des énuques ou des laquais auprès du chef d’état français qui n’a même pas l’âge de leur dernière fille. Tel est le décor de l’immense désastre dans lequel une monnaie a plongé des peuples qui ne demandaient qu’à vivre chez eux en organisant dignement  leurs propres activités de production pour satisfaire leurs besoins essentiels.
Nous écouterons avec attention ceux qui sont pour la continuité du franc CFA, s’ils nous proposaient des changements capables de permettre à nos économies totalement étouffées de respirer. Mais à par nous dire que c’est une monnaie qui rend service aux africains, car stable arrimée à l’Euro par convertibilité, ils n’arrivent pas à nous prouver en quoi la main mise de la France sur le CFA favorise telle une coopération économique et monétaire favorable à nos pays et à nos populations ?
 Nous pensons que l’argument selon laquelle le franc CFA est une bonne monnaie ne suffit plus. Les menaces voilées des autorités françaises n’effraient plus personne à par les énuques que sont les chefs d’Etats corrompus de nos malheureux pays africains de la zone CFA. Certains d’entre eux complètement soûlés par le pouvoir, sont prêts à tuer leur propre mère pour plaire à la France. Ils ont perdu toute capacité de discernement et ne savent même plus ou se trouve l’intérêt de leur pays. Quels avenirs pouvons-nous envisager avec de tels des hommes aussi inconséquents et inconscients ?
 
IV –  Des réformes et des réformateurs du CFA
Nous sommes à un carrefour important ou la France doit prendre les devants d’une réforme audacieuse capable de rendre service à tout le monde au risque de voir la fin du franc CFA sans elle. Car l’élan libertaire des nouvelles générations n’acceptera pas  plus longtemps ce marché de dupe que même un chien refusera. Les premières mesures à prendre par le partenaire français du CFA,    est :
A) –  de retirer ses deux administrateurs français qui ont le droit de véto dans les prises de décisions de la BCEAO.
B) – la fabrication de la monnaie CFA doit se faire en Afrique au siège de la BCEAO à Dakar au Sénégal. Nous savons que la France après impression conserve 15% des billets pour ses propres besoins, ce genre d’accord n’est plus acceptable. Ces contrats immuables et sans évolution depuis près d’un siècle ne sont plus moralement justifiable.
 La France n’est plus membre de la zone franc elle ne doit plus se sucrer sur le dos de nos malheureuses populations, par des procédés qui frisent le rackette,  l’escroquerie et la truanderie de type mafieux.  Ce comportement de vampire et de sangsue n’est plus acceptable. C’est honteux de la par de l’ancien colonisateur de s’imposer au plus faible  par des méthodes de gangster.
C) – la zone CFA dispose de  près de 15 milliard d’euros dans les comptes opérations du trésor public français. Cet argent peut largement assurer la convertibilité du franc CFA. Nos pays peuvent donc arrêter de verser les 50% de leurs recettes d’exportation dans le trésor d’un autre pays. Cette ligne doit être défendue pendant les négociations si on veut vraiment réformer le CFA. Le problème est de savoir qui pourra porter une telle exigence de justice dans les relations avec la France ? Les présidents énuques de l’Afrique de l’Ouest, presque tous francs maçons, qui doivent leur légitimité à Paris, vont plutôt se battre au contraire pour une nouvelle dévaluation du franc CFA, pour plaire au coq gaulois.
D) – La BCEAO si elle veut être encore crédible et utile à l’Afrique après avoir si longtemps servit les intérêts de la France, doit travailler aujourd’hui et maintenant pour baiser le taux du crédit dans la zone monétaire CFA. Comment peut-on promouvoir l’innovation, les PME,  la production agricole et industrielle avec le crédit à 12 ou 15% dans la zone CFA, alors qu’en zone euro on est à 2 ou 3% dans certains pays ? Nous sommes en face de taux totalement usuraires et difficile à faire émerger une économie. Il ne faut donc pas s’étonné du niveau de paupérisation de nos malheureux pays africain de la zone CFA.
 
V –  À quoi sert une zone monétaire qui ne profite qu’à l’ancien colonisateur ?
Le franc CFA ne profite qu’à la France, elle utilise les réserves des pays de la BCEAO et de la BCEAC, pour  combler son propre déficit budgétaire. Le franc CFA est à la base de tous nos malheurs. L’alternance politique pacifique ne sera jamais possible dans des pays comme la Côte d’ivoire, le Gabon, le Cameroun ou le Congo Brazzaville. La raison est simple, pour qui a un cerveau qui fonctionne normalement.
Les 15 milliards d’euros qui représente le montant des réserves d’échanges qui doivent se trouver dans le trésor français ont disparut, la France endetté à plus de deux mille milliards d’euros a utilisé cette somme pour ces propres besoins et verse aux deux banques centrales les faibles intérêts correspondants à un montant qui en réalité n’est pas physiquement dans le trésor français car vivant au dessus de ses moyens, la France à utilisé cette sommes pour ses propres besoins. Demandez à la France l’intégralité de cette somme demain et vous  verrez qu’elle ne sera pas capable de vous la rendre.
Voilà la raison pour laquelle la France intervient dans nos élections pour placer ses hommes à la tête de nos pays africains. Voilà pourquoi avec ses énuques, elle s’oppose à l’indépendance monétaire des pays africains de l’espace francophone. C’est la raison pour laquelle tout chef d’Etat africain qui sera très regardant sur la gestion monétaire et surtout tous ceux qui voudront battre leur propre monnaie connaitront le même sort que Sylvanus Olympio, le président togolais assassiné le 13 janvier 1963, par un coup d’Etat militaire sanglant dirigé par un certain Etienne Eyadema.
Voilà donc sous nos yeux  pourquoi les chefs d’Etats africains illégitimes qui méprisent le suffrage universel direct, se précipitent à Paris pour donner des gages à la France. Pour eux le franc CFA est une bonne monnaie qui rend service à l’Afrique. Ils veulent étendre cette monnaie de singe à l’ensemble CEDEAO. Comme si les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest qui ont quitté la zone sterling sont stupides revenir vers cette monnaie de spoliation qu’est le franc CFA.
Pour les chefs d’Etats de la BCEAO,  la centralisation des réserves d’échanges au profit de l’ancien colonisateur, est une bonne chose. Le fait que le CFA d’Afrique de l’Ouest n’est pas valable en Afrique centrale, est une bonne chose. Pour eux la parité fixe CFA-EURO, n’entrave pas la compétitivité des économies de nos pays dans le monde mondialisé.
Pour les Ouattara et consorts, la libre convertibilité CFA-EURO et la libre circulation des capitaux, n’est pas synonyme de fuite de capitaux de la bourgeoisie compradore africaine et des multinationales françaises installées dans nos malheureux pays. Pour eux la participation de la France à la gestion de la BCEAO, à travers ses deux administrateurs ayant droit de véto, est une bonne chose.
 Pour eux enfin le dépôt des 50% de nos recettes d’exportations dans le trésor de l’ancien colonisateur, n’est pas un abandon de souveraineté, ni une privation budgétaire hors norme pour des pays qui manquent de tout y compris de l’eau potable.
 Tel est le vrai visage de la France et de son alliance par intérêt avec les Ouattara, les Compaoré, Ali Bongo, Eyadema ainsi que les Sassou Nguesso et compagnie. C’est cet aveuglement voulu par nos dirigeants politiques qui est à la base de la colère de la rue africaine contre le franc CFA.
 
VI  –  Postulat de conclusion générale
Les études de faisabilité et de création d’une monnaie unique dans l’espace Ouest africain sont aujourd’hui très avancées. Mais cette monnaie ne verra pas le jour avant cinquante ans. Car les ennemis de la future monnaie se trouvent  être les chefs d’Etats Francophones de la CEDEAO, qui agissent en sous marin contre ce projet pour le compte de la France. Ils veulent le CFA pour tous.
Les banques françaises dans l’espace CEDEAO et les entreprises françaises, n’ont pas intérêt à voir surgir une monnaie qui sera difficile à transférer librement chez eux. Comment purifier un espace économique et le rendre viable et performant  sur des bases  d’Etats mafieux avec leurs alliances exogènes et endogènes ? Demandez aux juges anti mafias Giovanni Falcone ou Paolo Borsellino et au général de police Roberto Dalla Chiesa, et ils vous diront du fond de leur tombe qu’il est trop tard.
 La France a  complètement  vampirisé les institutions africaines, les hommes mais aussi les deux banques centrales BCEAO et BCEAC. Seule une vraie révolte venant de l’insurrection des esprits et des consciences africaines  pourra restituer à nos pays la souveraineté monétaire nécessaire à l’aggiornamento collectif et à notre émergence économique.
Aux défenseurs du franc CFA, nous disons ici qu’ils se sont donnés beaucoup de mal pour rien.  Ils n’arriveront pas à nous convaincre que notre avenir se trouve dans le CFA, tel qu’il est fabriqué et géré par la France. Aux cadres africains de directions de la BECEAO, nous leur disons ici qu’ils n’ont pas rendu service à nos pays en participant à cette grosse extorsion de fonds au profit de la France. Le gouverneur de la BCEAO touche 9 millions de F CFA par mois, le vice-gouverneur, le secrétaire général et le directeur général  empochent chacun 5 millions de francs CFA par mois.
Mange et tait toi, tel est le prix de leur silence complice depuis des années sur cette arnaque qui les rends plus insensibles que jamais aux souffrances de nos populations. Regardez le système de retraite des cadres et agents de la BCEAO et vous comprendrez qu’ils ne tirent pas le diable par la queue comme nos paysans, nos ouvriers et les fonctionnaires de nos pays africains.
C’est à eux aujourd’hui de savoir s’ils sont pour des réformes dans la gestion actuelle du CFA ou dans  l’émission d’une monnaie souveraine appartenant totalement aux africains. Certaines langues se délient aujourd’hui au sein même de la BCEAO pour rejeter cette monnaie d’occupation économique et politique qu’est le CFA qui nous impose une relation de tuteur à mineur entre la France et nos pays africains.
 Dans cinquante ans nous serions encore là sans horizon à quémander pour simplement exister. Il faut couper le cordon ombilical ici et maintenant. Du Brésil à la Russie, de l’Inde au Japon, D’Israël à la Corée du Sud en passant par la Suisse le Canada ou l’Australie toutes les expériences humaines nous montrent qu’on ne se développe pas avec une monnaie contrôlée par un autre. Sortir du CFA doit être la nouvelle voie après celle d’une coopération monétaire qui  nous a prouvé ses limites en nous conduisant dans une impasse sans fin.
Dans ce débat nous regardons les défenseurs du CFA comme des esclaves qui refusent l’affranchissement car ils se sentent bien chez le gentille maitre blanc qui n’a même pas l’âge de leurs propres enfants.  Notre frère le capitaine para commando, Isidore-Noel Thomas Sankara, disait à leur propos : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère. »
Tel est le sens de notre contribution au débat sur cette monnaie bizarre qu’est le franc CFA.
L’image contient peut-être : 1 personneMerci de votre aimable attention.
 
Dr. Serge-Nicolas NZI
Chercheur en Communication 
 Lugano (Suisse)
Tel.0041792465353
nicolasnzi@bluewin.ch
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FRANC CFA : ET SI ON DEMANDAIT L’AVIS DE NOS PEUPLES ?

Le débat s’embrase autour du franc CFA !
Économistes, responsables politiques, banquiers, que ce soit de la zone CEMAC comme de la zone UEMOA, sont de plus en plus divisés sur le sort à réserver à cette monnaie commune. Chacun d’entre nous a un avis avec des arguments plus ou moins pertinents.

En ce qui concerne les chefs d’Etats des deux zones respectives, ils sont aussi divisés sur la question : certains, à l’instar du président tchadien Idriss Deby se montrent ouvertement opposés au CFA tandis que d’autres, comme Alassane Ouattara et Macky Sall apparaissent comme les farouches défenseurs de sa survivance.

Depuis les accords de Breton Woods de 1945 instituant cette monnaie, le CFA n’a jamais autant été remis en cause. Avec des voix qui se font entendre de plusieurs manières engendrant des incidents politiques et judiciaires.

J’estime que la monnaie relevant de la souveraineté, Il faut que chaque pays concerné puisse avoir le courage politique de convoquer un referendum pour avoir l’avis de son peuple souverain sur cette question. Il n’est pas juste d’exclure les populations africaines de ce débat puisqu’en définitif, c’est de lui que relève la souveraineté de tout Etat. Ce referendum nous permettra par ailleurs de nous assurer que les avis défendus par les chefs d’Etats sont véritablement partagés par leurs peuples respectifs.

Dans toutes les grandes démocraties du monde, lorsqu’une question relève de la souveraineté du peuple, l’on se tourne vers lui afin qu’il se prononce : cela a été le cas des peuples européens pour l’utilisation de l’Euro comme monnaie après avoir adhéré à l’Union européenne en ratifiant le traité de Maastricht de 1992. Par exemple, bien que membre de l’Union Européenne, la Suède et bien d’autres pays ont refusé après des référendums de changer leurs monnaies respectives. De ce fait, sur les vingt-huit États membres de l’UE, seul dix-neuf utilisent l’euro. Pourquoi donc, dans le cadre du CFA, devrions nous faire l’économie d’une consultation directe du peuple ? Nos peuples sont assez matures pour décider de ce qui est bien pour eux comme tous les autres peuples du monde.

Ce referendum que je propose doit être crédible et c’est pourquoi ses modalités de mise en place pourront être discutées dès lors que le principe est retenu afin de garantir une transparence stricte du vote.
Il aura aussi l’avantage de vulgariser ces accords monétaires afin que chaque citoyen sache ce qu’ils disent concrètement. Mais bien plus, au cours de ce scrutin populaire, chacun d’entre nous pourra défendre sa position et permettre ainsi à chaque citoyen des 14 pays répartis au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) auxquels s’ajoutent les Comores, de décider s’ils veulent continuer à utiliser le franc CFA ou pas.

Le referendum que je propose est la solution ultime pour éviter à nos pays des crises politiques à venir liées à la question du CFA car au fur et à mesure les positions et les méthodes pour faire entendre les différentes positions sur la question se radicalisent.

Je voudrais terminer cette réflexion en disant que pour moi, la question du CFA doit être dissocier des relations politiques et économiques que nous pouvons avoir entre nous pays, anciennes colonies françaises car quel que soit l’issu des différents referendums, il sera important pour nous dans un souci de mondialisation et globalisation de continuer d’entretenir des relations étroites, comme ces pays européens précités qui sont membre de l’Union Européenne sans utiliser l’Euro.

Ceci est une réflexion personnelle sur « comment prendre la décision » pour nos pays sur cette question du CFA. Tout en sachant qu’au moment opportun nos propositions pour la Cote d’Ivoire, notre pays seront données de façon approfondie sur les aspects plus techniques par les organes de notre parti, l’Union des Nouvelles Générations(UNG).

Stéphane Kipré
Président de l’Union des Nouvelles Générations
Exilé politique

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