deux réflexions sur les Gilets Jaunes

L’éditorial de Patrick Apel-Muller, directeur de rédaction de l’Humanité

Antonin Artaud, dont l’œuvre vient de tomber dans le domaine public, évoquait, parlant de la poésie, « la multiplicité broyée et qui rend des flammes ». L’image va comme un gilet jaune à ces dizaines de milliers de personnes qui ont défilé samedi dans les villes de France. Le gouvernement espérait que les fêtes étoufferaient la braise. Las… La colère est trop ardente et des mesurettes ne sauraient l’éteindre.

Désemparée par le soutien massif de l’opinion publique au mouvement, la majorité LaREM monte en épingle les violences de petits groupes pour tenter de le discréditer. Quitte à provoquer les affrontements, comme à Sevrey, en Saône-et-Loire, où une quinzaine de manifestants ont été mis en garde à vue pour avoir bloqué un entrepôt d’Amazon, un de ces géants qui évite l’impôt et amasse des fortunes. La vidéo d’un commissaire de police frappant de bon cœur des manifestants à Toulon confirme aussi que les consignes de fermeté d’Emmanuel Macron sont prises à la lettre… Le prétexte de l’enfoncement imbécile de la porte d’un secrétaire d’État fait tourner en boucle un discours de la peur, où s’inventent les « menées de factieux ». Intelligemment, des milliers de femmes ont répliqué, hier, déterminées et pacifiques, montrant par leurs défilés l’ancrage de la protestation au cœur de la population.

Déjà, le débat national annoncé se dissout dans l’obstination du pouvoir à défendre les privilèges du 1 % de la population qui s’enrichit à pleine vitesse sur le dos des 99 %. Voilà qui menace plus sûrement la République que les revendications d’augmentation du Smic, des retraites et des minima sociaux, de rétablissement de l’ISF ou de mise en place de référendums ­citoyens. Quand la loi est mal faite, il faut la changer. C’est d’ailleurs, après les prud’hommes de Troyes, ce qu’ont rappelé ceux d’Amiens en jugeant contraire au droit international et aux conventions signées par la France la fixation par la loi Macron d’un barème plafonnant les indemnités d’un salarié licencié. L’Élysée hors-la-loi ?
Via Alain DeBorniol

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Une petite réflexion réflexion sur la violence de ces dernières semaines. 
On critique la violence des gilets jaunes. Je parle pas des casseurs professionnels qui font la même chose depuis des décennies sans que les pouvoirs publics s »émeuvent plus que ça.
Je constate 3 choses. 
D’abord une violence sans précédent de la garde rapprochée de Macron, Castaner et Griveaux en tête dans leurs discours. Chaque fois que je les écoute j’ai envie de casser la télé. Faute de mieux.
En second lieu la violence policière, sur ordre, est absolument terrible. Je parle même pas des arrestations absolument incomparable en nombre depuis des décennies. Mais de la violence inouïe sur le terrain contre des manifestants qui étaient loin d’être belliqueux. Des canons à eau en permanence, des grenades de toutes sortes, des matraques, des flash balls et j’en passe. Je défie quelconque de me dire dans quel moment dans l’histoire récente de la France une telle violence policière a eu lieu. J’ai vu la vidéo du boxeur. Eh bien je peux le comprendre. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si j’avais trente ans.
La dernière violence est celle des journalistes. Elle est pas directe mais elle augmente la colère. 
En montrant ad nauseum des scènes de violences des certains des gilets jaunes sans jamais montrer des scènes ou des manifestants sont piétinés par des gens armés jusqu’aux dents, ils faussent totalement le débat. 
Et également en minorant depuis le début le nombre des manifestants ils faussent la réalité et font le jeu du gouvernement. À titre de simple exemple pour la première manifestation ils donnent uniquement les chiffres de Castaner en parlant d’environ 200.000 personne sur toute la France alors que  CNN parlait de 2 millions.
En principe je suis contre la violence. Mais je peux comprendre le ras le bol des gens qui ont marre d’être des victimes. Et je m’en fou de l’état d’âme des types comme Castaner ou Griveaux. Ils ont la force et à la rigueur la légitimité du pouvoir. Mais en aucun cas ils ne sont la République.
Jean Balan, avocat