Retour sur le pseudo-braquage de la BCAO

LE DOSSIER D’AUJOURD’HUI
« BRAQUAGE » DE LA BCEAO. FINI DE MENTIR.

Koné Katinan, le porte-parole de Laurent Gbagbo a fait une mise au point dans les médias locaux sur le prétendu braquage de la BCEAO qui vaut à l’ex-président d’être rayé de la liste électorale, après avoir été condamné par contumace à vingt années de prison. Pour lui, non seulement il n’y a pas eu braquage, mais le gouvernement n’a pas fait la lumière sur la dette de 400 millions d’euros, soit 263 milliards, qu’il a contractés auprès de la France pour payer trois mois de salaire aux fonctionnaires ivoiriens qui n’ont jamais reçu cet argent.

L’affaire dite du braquage de la Bceao, du nom qu’ont bien voulu lui donner ceux qui accusent l’ex-président de malversations et qui espèrent justifier ainsi, entre autres déprédations, les bombardements de sa résidence d’Etat, connaît un brusque regain d’intérêt avec les dernières révélations de l’ancien ministre du budget Koné Katinan.
Ce haut fonctionnaire du Trésor promu ministre du budget à l’occasion de la réélection contestée de Laurent Gbagbo par la communauté internationale en 2010 a en effet été le personnage central de cette période trouble marquée par la fermeture de toutes les banques commerciales et privées du pays. L’objectif avoué était alors d’obliger Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à Alassane Ouattara alors que le concerné ne jurait que par le recomptage des voix. Dans une élection normale où l’on veut connaître le vrai vainqueur du scrutin, ç’aurait été la solution la plus viable. Mais nous sommes en Côte d’Ivoire et la France depuis les événements de 2004 ne se gêne plus à montrer qu’elle ne veut pas de Gbagbo. L’ONU aussi. Bref, pour la communauté internationale, le vainqueur des élections est bel et bien Alassane Ouattara que le président de la Commission Electorale Indépendante est allé couronner dans son propre QG de campagne à l’hôtel du Golfe.

Trop gros pour être vrai mais du moment qu’il s’agit d’un chef d’Etat africain dont on veut de surcroit la peau, tous les moyens sont bons.

FERMETURE DES BANQUES, EMBARGO
En février 2011, toutes les banques du pays sont donc fermées. Alassane Ouattara et ses soutiens avaient d’abord espéré que des appels à des journées villes mortes auraient raison de Gbagbo en même temps qu’ils démontreraient à l’opinion internationale qu’il est rejeté par la majorité de la population. Mais c’est un fiasco. Les médias du monde venus nombreux à Abidjan suivre le dénouement de cette crise post-électorale se rendent compte que l’appel du président reconnu par la communauté internationale n’a eu aucun impact. Car tout le monde travaille et l’on raconte même que M. Ouattara a profité de ce moment de travail pour faire chercher son salaire d’ancien Premier ministre. Dès lors, la seule façon de pousser les populations à se retourner contre le président est de les priver de subsides, de leurs salaires en particulier. Les banques ferment donc sans coup férir. Leurs patrons, qui sont généralement français « s’exilent » momentanément dans les pays d’à-côté pour ceux qui n’ont pas envie de rejoindre les côtes enneigées de leur lieu de naissance. Il est alors impossible de trouver de l’argent dans le pays d’autant plus que la banque centrale logée à Dakar a fermé sur place les comptes où la Côte d’Ivoire a ses devises. Le gouvernement de Laurent Gbagbo ne peut donc plus commercer avec l’extérieur et payer ses fonctionnaires des Ambassades à l’extérieur.
Mais en plus de cela, la BCEAO Dakar a également bloqué les comptes locaux de la Côte d’Ivoire à l’aide d’un système informatique lui permettant de couper le signal depuis la capitale sénégalaise.
C’est donc à ce moment que Laurent Gbagbo prend un décret de réquisition conforme à la réglementation de l’union monétaire. Ce décret réussit à mobiliser 90% des travailleurs de la BCEAO-Abidjan à reprendre le travail pour disposer des comptes du Trésor public afin de payer les salaires et faire fonctionner l’Etat.
Selon un cadre de la Bceao Abidjan interrogé par Aujourd’hui, les agents ont ainsi pu avoir accès aux comptes du Trésor. Cependant, le signal informatique étant coupé par Dakar, il a fallu recourir aux comptes physiques pour payer les trois mois de salaires dont il est question, avec promesse de régulariser la situation dès que le calme serait revenu.

OÙ SONT PASSÉS LES SALAIRES VERSÉS PAR LA FRANCE ?
Ces trois mois de salaire ont en effet permis aux Ivoiriens de faire face aux chaos qui a suivi, notamment la guerre et les bombardements français sur la résidence d’Etat de Laurent Gbagbo. Or, depuis qu’il est arrivé au pouvoir le 11 avril 2011, Alassane Ouattara n’a cessé d’accuser son prédécesseur d’avoir détourné quelque 400 millions d’euros à son profit. La battue organisée dans le monde pour disposer des fonds qu’aurait volés Laurent Gbagbo a donc été alimenté par ces accusations du président ivoirien. Or, chose curieuse, les trois mois de salaire que le gouvernement ne veut pas reconnaître n’ont jamais été payés à nouveau.

Dès lors, pour quelles raisons M. Ouattara et maintenant ses ministres continuent-ils d’accuser Gbagbo d’avoir détourné cet argent ?
La première raison tient sans doute à l’instrumentalisation de la justice ivoirienne contre les adversaires de M. Ouattara. Guillaume Soro a ainsi été accusé d’avoir tenté de fomenter un coup d’Etat ; ce qui lui vaut une condamnation de 20 ans par contumace et sa radiation des listes électorales. Il ne peut donc pas être candidat comme il le souhaite à l’élection présidentielle à venir.
Pareil pour Charles Blé Goudé, jugé pour les mêmes faits qui ont été jugés par la Cour Pénale Internationale et au terme desquels il a été acquitté. Lui aussi a été radié des listes électorales.
L’ancien président de la République vit la même situation qui montre que la raison de ces condamnations est d’empêcher tous ces adversaires d’Alassane Ouattara de prendre part aux élections.

Mais à ces raisons, l’ancien ministre du budget de Laurent Gbagbo ajoute une autre raison. Pour lui, Alassane Ouattara a bénéficié, dès la fin de la crise postélectorale, d’un prêt de la France pour payer les fonctionnaires censés n’avoir pas été payés pendant les trois mois qu’a duré la crise post-électorale. Or ces derniers ont été payés puisque le gouvernement ne leur a pas versé de nouveaux salaires.
M. Katinan explique d’ailleurs qu’un détournement aurait été impossible de la part de l’ex-président puisqu’il n’intervient pas dans la procédure de payement des salaires. « (…) A la fin de chaque mois, en fonction de la position nette de son compte à la BCEAO, l’ACCT vire sur le compte de celui que tout le monde appelle le Payeur Général, la somme correspondant à la masse salariale arrêtée chaque mois par la Direction de la solde de la Direction Générale du budget. C’est le Payeur Général du Trésor (PGT) qui vire en aval, à partir de son compte crédité en amont par l’ACCT, sur les comptes des fonctionnaires ouverts dans les livres des banques privées les salaires de ceux-ci. Comme l’on peut bien le constater, ni le ministre de l’Economie, ni le ministre du budget encore moins le Premier ministre à fortiori le président de la République ne signent sur des comptes de l’Etat à la BCEAO », démontre-t-il.

PAS DE PRÉJUDICE
A cela, on peut ajouter que la banque n’a pas subi de préjudice. La preuve, elle n’a jamais porté plainte et ne s’est pas constituée partie civile lors du procès pour lequel le président Laurent Gbagbo et bien d’autres personnes ont été condamnées à vingt ans de prison. De sorte que le « braquage » de la BCEAO est devenu un véritable vaudeville politique puisque le gouvernement ne montre pas par ailleurs son envie de vouloir rouvrir le procès alors que Laurent Gbagbo n’est plus retenu à Bruxelles par la CPI et qu’il fait tout pour entrer en Côte d’Ivoire. Mais si le gouvernement tient tant à ce que les choses se fassent en catimini, c’est parce que cela lui permet de faire l’impasse sur les 400 millions d’euros que l’Etat français lui avait prêtés pour le payement des trois de salaire des fonctionnaires qui n’ont jamais été reversés en réalité puisque ces salaires avaient déjà été payés par le gouvernement de Laurent Gbagbo.« Tout juste après l’éviction manu militari du président Laurent Gbagbo du pouvoir, le gouvernement français avait alloué un prêt de 400 millions d’Euros (environ 263 milliards de FCFA) au gouvernement de monsieur Ouattara pour, dit-on, payer les salaires. Or, il est constant que lesdits salaires avaient été déjà payés par le gouvernement précédent et aucun fonctionnaire et agent de l’Etat ne se souvient avoir été payé derechef pour les trois mois pour lesquels ils avaient déjà perçu leur salaire », accuse Koné Katinan, le porte-parole de Laurent Gbagbo. Où sont donc passés les 263 milliards de la France ?

LA COUR DES COMPTES SANS RÉPONSE
Selon l’ancien ministre du budget, la Cour des comptes se pose la même question. Depuis en effet dix ans, elle interpelle sur ce compte dont elle souhaite la régularisation. C’est ce qu’elle explique au terme de « l’arrêté n° 178/MEF/CAB-01/20 du 13 mars 2009 fixant les modalités de recours aux avances de trésorerie.
La Cour des comptes citée par Koné Katinan estime que « cette régularisation est nécessaire pour établir l’harmonie entre les engagements budgétaires et les comptes du Trésor public. Il y va de la sincérité de la comptabilité de l’Etat. En vain.
Selon l’ancien ministre du budget, la Cour des comptes aurait en effet relevé que, « non seulement le compte 470 (avances de trésorerie) n’a pas été apuré, mais en plus, il s’est accru. Il est ainsi passé de 102 464 763 097 FCFA à 107 183 088 813 FCFA. Le gouvernement, dans sa réponse, justifie la persistance de ce compte par le fait que le montant inscrit serait les « salaires payés par avances sur la période de crise post-électorale (décembre 2010, janvier 2011, Février 2011) non régularisés du fait de l’ordonnance n°2011-007 du 14 avril 2011, par laquelle l’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas reconnu les opérations effectuées au cours de cette période. »
Ce qui est un grave aveu. Car ne pas avoir reconnu montre que l’acte existe, puisque par ailleurs de nouveaux salaires n’ont pas été versés. Pour Koné Katinan qui dézingue le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, lequel avait porté ces accusations de détournement contre l’ex-président, « cet argument manque, d’une part, de pertinence tout en révélant, d’autre part, une vérité que les négateurs patentés des évidences du gouvernement ivoirien tentent de nier depuis bientôt dix ans ».
Bref, après avoir longtemps accusé sans preuve, le gouvernement ivoirien doit dire où il a mis ce qu’il était censé payer aux fonctionnaires ivoiriens.

SEVERINE BLE
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Alexis Bayoro Gnagno

AFFAIRE 400 MILLIONS D’EUROS POUR PAYER LES FONCTIONNAIRES IVOIRIENS.

Beaucoup d’amis n’ont pas bien suivi l’affaire ou ont oublié. En effet, ce sont plus de 213 milliards de francs CFA que le régime de Sarkozy a versés au pouvoir de Ouattara dès fin avril 2011. Officiellement il s’agissait d’un appui à la Côte d’Ivoire qui sortait de la guerre. Il s’agissait de payer les salaires de janvier, février et mars 2011.
Mais l’argent a été détourné, utilisé à d’autres fins. Ouattara a retourné une importante partie à Nicolas Sarkozy, pour financer sa campagne présidentielle 2012. C’est son ministre de l’intérieur, Claude Guéant qui s’est rendu à Abidjan pour réceptionner le pognon. Ahmed Bakayoko en sait quelque chose. C’est lui qui a goupillé la truanderie avec Sarkozy, via Claude Guéant.
Ah, si les soutes à bagages de l’avion présidentiel pouvaient parler !
Le dossier est déjà connu à l’Élysée et dans des services importants de l’État français, depuis le mandat de François Hollande. Ça va rebondir.

C’est pour tout ça que Sarkozy est devenu le démarcheur de Ouattara en vue de son 3e mandat. Leurs destins sont liés.Vous vous en souviendrez quand il y aura opportunité de réveiller l’affaire.
Résumé : ils se sont partagé les sous.Tous des voleurs.
Simplice Ouallo

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