Les voeux du ministre Eric Kahé, président de l’AIRD

Ivoiriennes, Ivoiriens
Camarades progressistes

Militantes et militants de l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie, dans quelques heures, une nouvelle page s’ouvrira pour chacun de nous, pour notre pays et notre continent et pour tous les autres peuples amis, au travers d’une nouvelle année.

Concernant notre pays, du 19 septembre 2002 à ce jour, voilà un peu plus de 17 ans que l’on tente de nous servir l’abrutissement par le mensonge, l’hypocrisie, l’imposture et le faux. Depuis avril 2011, ce sont 9 années de beurre, de lait, de miel pour une extrême minorité qui maintient dans la peur et la division, l’écrasante majorité de plus en plus pauvre. Les périodes de fête de fin d’année, qui auraient pu être une occasion d’oxygénation, sont hélas marquées par d’inutiles et irresponsables conflits. Fondées sur le gain et les ambitions personnels, ces querelles guerrières qui n’épousent aucune aspiration du peuple, nous concernent certes, par leurs potentiels éclats sur nos vies, mais elles ne nous intéressent pas.

Depuis 2002, les alliances se font et se défont par le couteau du partage du si juteux gâteau d’un pays aux énormes richesses et non sur des projets politiques. C’est pour cela que nous ne prendrons de position que pour les valeurs républicaines, la démocratie, la justice vraie, le progrès social et la construction d’institutions crédibles et non pour des individus qui ne s’apprécient que par rapport à la part de gâteau reçue. Cependant, fidèles à nos convictions, nous ne laisserons aucune injustice ou dictature prospérer, même contre ceux qui auraient été à la base de nos malheurs.

Chers compatriotes,

Ce serait notre plus belle manière de relever le pays et de le mettre sur le chemin irréversible d’un État de droit. Ce serait la preuve de la sincérité de notre engagement en faveur des valeurs.

La récente désignation de l’auteur de la crise post-électorale par le Maître d’œuvre des élections de 2010 et l’acquittement du président Laurent Gbagbo par la CPI sont les plus belles victoires de notre engagement collectif dans la Résistance. Bienvenue à ceux qui nous y rejoignent !

La politique du régime a réduit en miettes, la fragile fraternité d’un peuple riche de sa soixantaine d’ethnies et de son flux migratoire. Après avoir enrichi certains membres du clan, l’orpaillage clandestin a tourné à la criminalité qui endeuille nos familles. La jeunesse, à qui l’on avait promis emplois, monts et merveilles a eu sa meilleure offre dans des opérations de loubards pour empêcher les meetings, réduire au silence l’opposition, y compris par le meurtre et le crime. Les cabines téléphoniques que l’on moquait sont à présent, pour la plupart des jeunes, un luxe !

Dans notre système judiciaire, c’est à l’accusé d’apporter la preuve de son innocence, pendant que les détournements massifs sont tolérés, voire encouragés pour mieux soumettre, dominer, assujettir et manipuler leurs auteurs.

Depuis avril 2011, quand on redoute un adversaire politique, on le tient loin du pays et de ses bases par un mandat d’arrêt international, méthode abondamment utilisée contre les leaders de l’Opposition significative.

L’école, sans doute fatiguée de produire des chômeurs, est à l’agonie et ce sont désormais les élèves, qui fixent, par la violence, le calendrier des vacances scolaires.

Pouvait-il en être autrement quand, dès le début, la peinture de quelques bâtiments d’une université est facturée à plus de 100 milliards de nos francs et que le nombre d’universités dites construites relève de tours de magie !

Les forêts classées, dont le statut a de tout temps été respecté par les populations natives, sont dévastées par de nouveaux colons, parmi lesquels des milices à récompenser pour la guerre faite aux Ivoiriens.

À l’abri des regards, des enfants y sont soumis à des formes diverses d’esclavage.
Les paysans sont devenus les métayers d’un système de prédation agricole.

Mal copié, le projet de solidarité pour les soins médicaux a accouché d’une souris quand beaucoup de femmes meurent en couche et que la mortalité infantile est extrêmement élevée.
Les indices de développement humain ont beau être parmi les plus alarmants au monde et en Afrique, le clairon de l’émergence est omniprésent, comme un effet de mode auquel ne croient guère ceux qui le jouent.

Promesses et communication sont les plus grands succès de notre pays.

L’Houphouëtisme, naguère source de cohésion sociale, de pardon et de solidarité est juste un mot d’enfumage pour communiquer et couvrir tant d’excès !

Voir 2020, dans un tel contexte, relève de la Grâce de Dieu et avoir touché le fond n’offre d’autre perspective que de remonter à la surface. C’est donc dans une légitime espérance que nous venons vous souhaiter nos vœux les meilleurs pour une bonne et heureuse année 2020.

Au niveau de notre sous-région, Monsieur Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, disant agir en sa qualité de président de la conférence des chefs d’État de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), a fait l’annonce d’une réforme du franc CFA.
En présence du président français Emmanuel Macron. Avec pour projet de nom ECO, cette monnaie sera toujours arrimée à l’Euro avec une parité fixe ; ce qui garantit aux grands groupes internationaux le fameux avantage de transférabilité de leurs bénéfices, gonflant ainsi le PIB pour une croissance artificielle, sans développement local, ni recul de la pauvreté.

Avec le projet de nouvelle monnaie, disparaîtront le compte d’opérations et la présence française dans les instances de décision de la banque centrale en charge de la gestion du FCFA.

Comme dans l’ancienne ossature du franc CFA, les autres pays de la zone Franc CFA en Afrique centrale ne sont pas concernés. Dans le fond, force est de constater que ce changement, loin de répondre aux aspirations d’intégration des peuples africains et d’intensification de leurs échanges, vise la préservation des intérêts des multinationales.

Dans la forme, cette annonce qui aurait eu intérêt à être solennelle et consensuelle, a été faite en l’absence des autres chefs d’État concernés, et non au sortir d’un sommet de tous les chefs d’État des pays membres de la CEDEAO, qui pilotait le projet ECO. Cela donne l’impression de prendre de court les positions les plus avantageuses et favorables à une vraie politique économique et monétaire de Souveraineté, de développement responsable, d’intégration régionale.

Mais, aussi symboliques que soient les mesures prévues, cette annonce est la preuve que les voix et les combats des jeunesses africaines ne sont pas sans troubler le sommeil des leaders offshore qui se mettent au service des puissances d’argent et de domination. La bataille pour l’indépendance économique et monétaire ne doit pas s’arrêter mais au contraire s’organiser autour de propositions pertinentes, dans la solidarité entre les peuples.

C’est le lieu de noter avec force et conviction que la dénonciation des pratiques ultra-libérales et néo-coloniales, loin de traduire un sentiment antifrançais, est un sentiment antisystèmes, ces mêmes systèmes que combattent les peuples européens qui subissent aussi le diktat des directives dictées par le capital et la finance internationale.

Camarades Militantes et Militants,

Depuis 2014, notre site d’inscription en ligne, enregistre des milliers d’adhésion chaque année. Merci de votre confiance et de votre engagement. Nos adversaires découvrent cet outil 5 ans après nous.

2020 étant une année électorale, l’AIRD se fera plus présente sur le terrain aux côtés des alliés et des démocrates pour une mobilisation des masses, une CEI aux normes et une liste électorale fiable.

Chers Compatriotes et Panafricanistes,

Chers amis de l’Afrique,

Ces batailles sont exigeantes. C’est pour cela que nous voudrions formuler pour vous, votre famille et toux ceux qui vous sont chers, nos ardents vœux de santé, de paix intérieure et de succès pour faire de 2020, l’année de restauration collective et personnelle, avec le retour prometteur du président Laurent Gbagbo, de tous les exilés et la libération des prisonniers politiques.

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