Les bla&bla d’un Ouattara

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Ado a parlé, mais il n’est pas responsable de ce que vous avez compris, surtout quand on se contente d’un titre.

Le jeudi 28 novembre 2019, recevant les cadres et la chefferie de la région du Hambol à Katiola, dans le cadre de la visite d’État de 4 jours entamée dans la région depuis le mercredi 27 novembre 2019, le Président de la République Alassane Ouattara a proposé une série de mesures en vue d’encadrer l’élection présidentielle de 2020. Ci-dessous, l’intégralité de son intervention sur le sujet.

« Je voudrais rassurer les uns et les autres qu’il n’y a pas de plans d’éviction de qui que ce soit; et que tous ceux qui voudront aller aux élections, pourront le faire.

Je l’ai déjà dit et je le répète : que la compétition soit ouverte, la plus ouverte possible.

Mais je demande au gouvernement de faire en sorte qu’il n’y ait pas 50 candidats ou 12 candidatures comme en Guinée Bissau.

Je viens d’avoir les résultats de la CEDEAO sur la Guinée Bissau, il y avait 12 candidats. Sur les 12, quatre d’entre eux totalisent 98% des suffrages. Ça veut dire que les 8 autres, c’était du gâchis.

Plus il y’a des candidats, moins il y a du temps pour dire aux populations, ce que les candidats veulent faire pour le pays.

Une élection présidentielle doit être une compétition; et les ivoiriens doivent avoir des candidats qui viendront leur parler le temps nécessaire et dire ce qu’ils ont envie de faire, comment ils vont le faire, avec quels moyens.

Souvenez-vous, en 2010, quand je faisais la campagne et que je disais que j’avais fait un programme de plus de 10 000 milliards F CFA d’investissement, tout le monde a pensé que c’était de la rigolade. (…) C’est donc important qu’il n’y ait pas trop de candidatures.

J’ai demandé au gouvernement d’étudier les voies et moyens pour ce faire. Peut-être, faite comme au Bénin où la caution a été élevée. On ne va pas atteindre 500 millions FCFA. Si on atteint cette barre, il n’y a peut-être que Jean-Louis Billon qui va pouvoir payer (rire du Président Ndlr). Jean-Louis, tu es d’accord qu’on monte à 500 millions F CFA ? (Il rit a nouveau, Ndlr ). Il faudrait mettre la caution, au minimum, à 100 millions F CFA. Parce que, si on veut être Président de la République, on doit pouvoir sortir au moins 100 millions Fcfa pour sa campagne.

Quand j’ai échangé avec le Président du Bénin (Patrice Talon), il a dit qu’il veut mettre la caution à un milliard de FCFA.

Je lui ai dit amicalement qu’il exagérait. Mais, vous savez, faire une campagne électorale, ce n’est pas moins de 2 à 3 milliards Fcfa qu’on y injecte.

Alors, si on veut être sérieux, il faut mettre la caution à un niveau qui correspond aux frais de campagne.

Il y’a aussi la question de parrainage, comme cela a été fait au Sénégal. Mais il faut que ce soit relativement souple.

Je considère qu’il faut qu’il n’y ait pas trop de candidatures pour que les ivoiriens puissent entendre ceux qui sont en cours et, écouter ce qu’ils proposent .

Cela permet de faire un choix responsable qui permettra au pays de continuer d’avancer. (…)

Le système électoral est très important. Je vois dans les grands pays comme les États-Unis, où il n’y a que deux grands partis. Nous n’y sommes pas encore. Mais, j’espère qu’avec le temps, nous n’aurons simplement que deux ou trois candidats pour les élections présidentielles. Ce qui permettra d’avoir un temps de débat, un temps de présentation des programmes, et permettre aux Ivoiriens de choisir en toute connaissance de cause.

[ «Nous avons une bonne constitution. Il faut juste améliorer un certain nombre de choses» ]

Nous avons proposé à nos concitoyens, une nouvelle Constitution en 2016 et qui, à mon avis, a bien fonctionné jusqu’à ce jour.

J’ai dit, à l’occasion de mon interview du 6 août 2019, qu’il y a certainement quelques retouches à faire pour l’améliorer. Mais, cette constitution ne sera pas modifiée pour empêcher qui que ce soit d’être candidat.

Je voudrais donc rassurer les uns et les autres.

Mon général, je vous rassure qu’il n’y aura pas d’exclusion (au général Gaston Ouassenan Koné, Ndlr ).

Je m’adresse à vous parce-que vous et moi avons plus de 75 ans. C’est pour cela que je le dis. On est en famille, donc on peut tout se dire. Il faut donc qu’on s’entende.

La seule chose que je n’accepterai pas, c’est la caution à 500 millions F CFA, parce-que là, il n’y aurait que Jean-Louis Billon qui serait candidat (éclat de rire. Ndlr).

Nous avons une bonne constitution. Il faut juste améliorer un certain nombre de choses. Ceci est à l’étude. Je lis beaucoup de choses dans les journaux. Mais je peux vous dire que je suis un démocrate. Pas question de manœuvrer pour exclure des candidats. Autrement dit, l’élection n’aurait plus de crédibilité.

[ Bien évidemment, il y a le code électoral ]

La Constitution actuelle doit être respectée. Je ne ferai jamais de Constitution en dehors de cela pour exclure qui que ce soit, parce que j’en ai moi-même été victime. Je ne voudrais pas faire la même chose à quelqu’un d’autre ».

Retranscrit par J-H Koffi
Kamara AbdoulRachid

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