Aboudrahamane Sangaré versus Joël N’Guessan

Déclaration liminaire

Le chef de l’Etat, Monsieur Alassane Ouattara, vient de renier avec désinvolture, comme à son habitude, la parole donnée, montrant ainsi à suffisance, son mépris pour les principes élémentaires de la gouvernance démocratique, mais surtout pour l’urgente nécessité d’une décrispation aux fins d’une normalisation effective de la vie publique et pour la paix en Côte d’Ivoire.

En effet, le lundi 6 août, veille de la fête nationale de Côte d’Ivoire, Monsieur Alassane Ouattara, dans son adresse à la nation, a annoncé avoir pris une ordonnance portant amnistie des événements liés à la crise postélectorale de 2010, et par conséquent la libération d’environ 800 prisonniers politiques au rang desquels, l’ex-Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, les ministres Assoa Adou, Lida Kouassi Moïse et M. Jean Gervais Tchéidé, tous vice-présidents du Front populaire ivoirien.

Dans le même élan, M. Ouattara affirmait avoir « instruit le Gouvernement à l’effet de réexaminer la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), en vue des prochaines élections » qu’il souhaitait « inclusives et sans violence ». Il en avait même appelé, au passage, « à la responsabilité de la classe politique afin que le débat politique soit apaisé ».

Un mois seulement après cette déclaration, accueillie pourtant avec joie et soulagement par le peuple de Côte d’Ivoire et l’opinion publique internationale, Monsieur Ouattara vient d’opérer un revirement spectaculaire, méprisant et loufoque.

En effet, de retour d’un voyage officiel en Chine, interrogé par un journaliste sur la date des élections locales, eu égard à la réforme annoncée de la CEI, M. Alassane Ouattara déclare, à la surprise générale des Ivoiriens et de tous les partenaires de la Côte d’Ivoire, qu’il n’y aura « pas de report des élections, la réforme de la CEI ne concerne que la présidentielle de 2020 ». Le chef de l’Etat, Monsieur Alassane Ouattara, la voix officielle de l’Etat de Côte d’Ivoire, venait ainsi de renier publiquement sa parole donnée. Il dit une chose et fait son contraire !

RAPPELONS QUE LA COMPOSITION DE LA CEI ACTUELLE AFFICHE UN DÉSÉQUILIBRE SCANDALEUX QUI PROFITE AU POUVOIR EN PLACE.

De plus, cette institution est dirigée par Monsieur Youssouf Bakayoko dont la partialité et la soumission indécentes à Monsieur Ouattara ont profondément érodé la crédibilité, depuis le simulacre honteux d’une proclamation de résultats à laquelle il s’est livré, en dehors de toute procédure légale, au QG de campagne du candidat Alassane Ouattara, lors de la présidentielle de 2010. Il est de notoriété que cette institution, qui s’est systématiquement montrée totalement inféodée au régime Ouattara, fait l’objet depuis toujours de rejet et de vives contestations du FPI, de tous les démocrates ivoiriens et de la quasi totalité des organisations de la société civile en Côte d’Ivoire.

C’est le lieu de rappeler que le 18 novembre 2016, sur saisine de l’ONG Actions pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH), la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, estimant que la composition actuelle de la CEI viole le droits des citoyens ivoiriens à choisir librement leurs dirigeants, a condamné l’Etat de Côte d’Ivoire et l’a enjoint de modifier l’organe électoral afin de le rendre conforme aux instruments internationaux dont notre pays est signataire.

Monsieur Ouattara, usant de ruse et de manœuvres dilatoires, a tenté de contourner cette condamnation historique à travers l’appel du jugement introduit par ses avocats devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Il en fut débouté !

FACE À L’ENTÊTEMENT DE MONSIEUR OUATTARA ET À SA DÉRIVE DESPOTIQUE SURRÉALISTE DANS UN ÉTAT QUI SE VEUT DE DROIT,

le FPI n’a cessé de réclamer la refonte et la recomposition de la CEI afin de garantir au processus démocratique le maximum de transparence et d’impartialité pour des élections justes, équitables, apaisées et crédibles. L’annonce du 6 août 2018 du chef de l’Etat augurait du retour de la Côte d’Ivoire à une normalité démocratique qui devait permettre à tous les partis politiques de faire valoir leurs ambitions sur le terrain et par la voie des urnes, ligne idéologique et politique dans laquelle le FPI s’est toujours inscrit et dont il ne s’est jamais détourné.

Pourquoi un tel revirement spectaculaire de M. Ouattara ?
Pourquoi le Chef de l’Etat décide-t-il d’humilier ainsi la Côte d’Ivoire sur la scène internationale ? Pourquoi une telle inconstance irresponsable et puérile, là où sa voix devrait apporter garantie et sérénité ?

Pourquoi Monsieur Ouattara décide-t-il d’ignorer les incessants appels du Conseil de Sécurité de l’ONU, en l’occurrence la Résolution 2062 du 12 juillet 2012 par laquelle la communauté internationale demandait au « Gouvernement ivoirien et à tous les acteurs politiques de veiller à ce que les prochaines élections locales soient ouvertes, transparentes, libres et régulières (…), en assurant la sécurité et en procédant aux réformes électorales utiles » ?

Pourquoi refuse-t-il de se soumettre à la décision de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, cette haute juridiction dont la Côte d’Ivoire est signataire ?
Pourquoi M. Ouattara prend-il ainsi le contrepied de sa propre annonce au demeurant très bien accueillie dans tous les milieux politiques et diplomatiques ?
Quelles sont les raisons qui nous valent cette danse de la mante religieuse, un pas en avant, deux en arrière, au moment où le peuple de Côte d’Ivoire se réjouissait à l’idée de renouer avec le jeu démocratique ?
M. Ouattara a-t-il tant en horreur la normalisation de la vie politique qu’il veuille par tous les moyens empêcher des réformes courageuses, honnêtes et responsables du processus électoral ?
Que veut-il réellement à la Côte d’Ivoire et comment espère-t-il s’en sortir ?

Pour le Front Populaire Ivoirien, la réponse à ces questions est simple et on ne peut plus claire : il ne fait aucun doute que les raisons de ce revirement, qui est aussi un auto-reniement de Monsieur Alassane Ouattara, tient à la récente libération de prisonniers politiques avec, en tête de file, Mme Simone Ehivet Gbagbo.

En effet depuis la libération de celle que le régime en place n’a eu de cesse de diaboliser aux yeux de la communauté nationale et internationale, l’on assiste, à sa résidence privée, à un impressionnant ballet de personnalités de tous bords, et à un afflux de populations venant de toutes les régions du pays. Mieux, avec la reprise du procès annoncée le 1er octobre prochain, une lueur d’espoir de la probable libération du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé point à la Cour pénale internationale.
Face à ce qui est apparu comme un début de décrispation du climat sociopolitique, et au moment où l’ardeur militante du FPI que l’on avait tenté d’abattre puis de diviser, apparaît plus que jamais intacte, voire décuplée, il est évident que M. Ouattata a peur de se retrouver sur le terrain d’élections justes, transparentes et inclusives.

EN EFFET DEPUIS SA PRISE DE POUVOIR DANS LES CONDITIONS SANGLANTES ET DRAMATIQUES QUE L ’ON SAIT,

le régime en place s’est illustré par sa propension à favoriser, outre le tristement célèbre rattrapage ethnique, des élections sectaires, anti démocratiques et basées sur l’exclusion systématique de toute force d’opposition. Dans cette entreprise d’occupation violente, illégitime et inique de l’espace ivoirien, l’actuelle CEI aura été, de tous temps, le bras instrumentalisé qui garantissait à chaque fois, au camp Ouattara, des victoires taillées sur mesure.

Dans ces conditions, il est évident que des élections organisées, supervisées et conduites par une Commission électorale véritablement indépendante, sont susceptibles de faire trembler le pouvoir d’Abidjan, lui qui n’est jamais allé à aucune élection de façon loyale. Ainsi donc parce qu’il a peur d’engager le débat sur le terrain des urnes et de la démocratie totale et transparente, Monsieur Ouattara renie sa parole, au risque de compromettre la décrispation amorcée avec l’ordonnance n°669 du 6 août 2018 portant amnistie, et au mépris de l’opinion des Ivoiriens qui, dans leur grande majorité, se sont prononcés en faveur de la révision de cette CEI.

LE FPI MAINTIENT SA POSITION QUI EST QUE LA CEI ACTUELLE EST ILLÉGALE ET ILLÉGITIME POUR AGIR ET ORGANISER DES ÉLECTIONS AU NOM DU PEUPLE DE CÔTE d’IVOIRE,

une position confortée par l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme.
Le FPI Considère qu’il est inadmissible que le Chef d’Etat d Côte d’Ivoire décrédibilise avec autant de légèreté la parole officielle de la République par le reniement d’un engagement public.

Le FPI Considère que Monsieur Ouattara est trop faible politiquement, comme l’a d’ailleurs reconnu l’Union européenne, pour accepter volontairement tout jeu démocratique ouvert. Il veut donc se donner par ce revirement éhonté, les moyens d’imposer des règles unilatérales à même de garantir sa victoire aux élections à venir.
Le FPI reste convaincu que par le reniement de la parole donnée, M. Alassane Ouattara tente désespérément de reprendre la main dans le jeu politique ivoirien, au mépris des risques que fait peser cette posture dangereuse sur le processus de normalisation de la vie publique et de restauration de la cohésion sociale.

Le FPI, soucieux de la nécessité de sauvegarder la paix, et conscient de sa responsabilité historique quant à son engagement à faire prospérer le processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire :

• Dénonce la volte-face du chef de l’Etat qui constitue un reniement inacceptable de la parole officielle ;
• Condamne cette attitude irresponsable et récurrente qui ternit l’image du pays, fragilise les Institutions et met en péril les fondements de la République ;
• Rejette toute idée d’organisation d’élection en violation de la décision de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ;

• MET EN GARDE LE RÉGIME OUATTARA CONTRE CETTE ÉNIÈME TENTATIVE DE PORTER UN COUP ’D’ARRÊT BRUTAL AU LÉGITIME ‘ESPOIR DES IVOIRIENS

de voir leur pays renouer enfin avec la normalité démocratique ;
• S’oppose énergiquement à cet autre passage en force programmé pour le 13 octobre prochain ;
• Exige le report sans conditions des élections locales du 13 octobre 2018, et l’ouverture sans délai des discussions inclusives en vue de la réforme et de la mise en place d’une CEI consensuelle ;
• Tient Monsieur Ouattara pour responsable de tout ce que cette fuite en avant délibérée et irresponsable pourrait causer au pays, à ses habitants, ainsi qu’à tous ceux qui ont des intérêts dans notre pays ;
• Prend la Communauté internationale à témoin sur les graves dangers que fait peser la dérive despotique de M. Ouattara sur la Côte d’Ivoire ;
• Réitère son appel l’ensemble du Peuple du pays, aux forces sociales et politiques en vue d’un rassemblement autour de la Côte d’Ivoire ;
• Exhorte les forces vives du pays à prendre leur destin en main et à se tenir prêtes pour toutes les actions démocratiques à venir, afin de faire barrage à l’imposture et au péril que le régime Ouattara fait courir à la République.

Fait à Abidjan le 11 septembre 2018, Pour le Front Populaire Ivoirien Le Président par intérim SANGARE Aboudramane .

mis en ligne par Gala Kolebi

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Réponse  du perroquet aux ordres, Joel N’Guessan qui va bientôt s’envoler pour les fêtes de Souccot à Jérusalem ! Fêtes d’automne sans Nouvel an et sans la repentance attachée à Yom Kippour, le jour du Grand pardon !

Joël N’GUESSAN (Vice-président du RDR) :
« Aboudramane SANGARÉ sera tenu pour premier responsable des dérives éventuelles de ses mots d’ordre »

C’est sans grande surprise que nous avons écouté et lu Monsieur SANGARE Aboudramane, responsable d’une des factions du Front Populaire Ivoirien (FPI). La nature et le contenu de ses propos démontrent clairement que Monsieur SANGARE Aboudramane, et ses camarades de parti n’ont tiré aucune leçon de ce que la Côte d’Ivoire a vécu ses dernières années. Il n’a aucun regret, ni aucune repentance. Il demande à leurs militants de faire barrage à la future élection des conseillers municipaux et des conseillers régionaux.
Il menace même de tenir pour responsable le Président Alassane OUATTARA d’éventuels troubles, s’il ne donne pas suite à leurs revendications. Signalons au passage que ce type de propos ne nous étonne guère.

C’est ce même SANGARÉ Aboudramane qui, en 1992, a conseillé à ses camarades du FPI de braver la loi anti casse et d’organiser la dernière marche ou la fameux « Assaut Final ». La suite on la connaît  : plusieurs édifices publics incendiés, des véhicules de particuliers brulés et calcinés. Suite à cela, les principaux leaders du FPI dont Laurent GBAGBO et son épouse Simone, se sont retrouvés en prison. Curieusement, Monsieur SANGARÉ Aboudramane fut l’un des seuls à ne pas avoir été incarcérés .
C’est toujours Monsieur SANGARÉ Aboudramane qui fut l’un des principaux artisans du Boycott actif de l’élection présidentielle de 1995. Ici aussi, il y a eu d’importants dégâts matériels, des expulsions des populations allochtones des zones forestières. Il a même été fait cas de plusieurs morts dans certaines zones forestières. Des personnes ont été arrêtées et jetées en prison après l’application de ce mot d’ordre de boycott actif. Une fois de plus et curieusement encore, Monsieur SANGARÉ Aboudramane a échappé à la prison abandonnant ceux qu’il a incité à la violence politique.

De 2000 à 2010, Monsieur SANGARÉ Aboudramane, l’un des éminents penseurs du régime de la Refondation sous le Président Laurent GBAGBO a réussi l’exploit de conseiller le massacre des populations ivoiriennes en mars et avril 2004, ainsi qu’en novembre de la même année. Les différents rapports des experts en Droit de l’Homme de l’ONU et des Organisations internationales attestent qu’il y a eu des centaines de morts.
En 2011, au moment de la crise post-électorale, il faisait partie des ultras du régime de Laurent GBAGBO. Il était dans le fameux Bunker avec le couple GBAGBO et leur famille, l’ex-Gouverneur de la BCEAO, Monsieur Dakoury, ainsi que des officiers et soldats fidèles à Monsieur Laurent GBAGBO. Ce « Grand Conseiller » a réussi à convaincre Monsieur GBAGBO de ne pas abandonner le pouvoir. Suite à la défaite militaire des refondateurs, il a été arrêté et mis en lieu sûr pour sa propre sécurité et pour le protéger de potentiels actes de vengeance. Quelques mois plus tard, il a bénéficié de la mise en liberté provisoire. Il pouvait aller et venir sans être dérangé partout en Côte d’Ivoire, alors que des milliers d’ivoiriens se retrouvent en exil loin des leurs. Pendant ce temps, ses camarades de parti, Laurent GBAGBO, Simone GBAGBO et le jeune Blé Goudé se retrouvent en prison à la Haye. Une fois de plus encore, l’on constate que Monsieur le « Grand Conseiller » SANGARÉ Aboudramane qui vient de bénéficier de l’ordonnance d’amnistie prise par le Président Alassane OUATTARA est libre, et ceux qu’il a « sagement » conseillé sont en prison à la Haye. C’est ce Monsieur qui a toujours su s’en sortir, qui appelle aujourd’hui à la violence politique en demandant à ses militants de faire barrage à la tenue prochaine des élections municipales et régionales.

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C’est ce même Monsieur qui a demandé aux militants du FPI de son bord de boycotter l’opération de révision de la liste électorale ; privant les potentiels candidats FPI d’électeurs potentiels. Ce qui est certain, il saura toujours tirer son épingle du jeu. Si son mot d’ordre abouti à des débordements, ce sont les autres qui vont payer à sa place. Mais cette fois ci, les milliers de victimes de notre crise post-électorale ne tolèreront pas que notre pays soit plongé encore dans le chaos. Nous avons dit et nous le répétons : PLUS JAMAIS !

Nous veillerons à ce que des irresponsables politiques n’embrasent à nouveau notre pays. Monsieur Aboudramane SANGARE, ce « Grand Conseiller » qui échappe toujours à la prison après avoir incité les autres à la violence, SERA TENU POUR PREMIER RESPONSABLE des dérives éventuelles de ses mots d’ordre appelant à faire barrage à l’élection des conseillers municipaux et régionaux.

Le Ministre Joël N’GUESSAN
Vice-Président du RDR chargé de la Région du Bélier et du District Autonome de Yamoussoukro.
Pris sur l’Intelligent d’Abidjan

 

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