Zimbabwe— Histoire des vols de terres: Accords biaisés, propagande honteuse…menaces

L’histoire du peuple Zimbabwéen est marquée par le sang, la douleur, les larmes et de souvenirs atroces. Le Zimbabwe, c’est aussi l’histoire d’une autonomie en construction stoppée par le Général félon Emmerson Mnangagwa à la fin du mois de Novembre 2017. Le Zimbabwe c’est surtout l’histoire d’un peuple qui a combattu pour son indépendance et pour ses terres expropriées par les colons-ségrégationnistes. Terres récupérées en 2000 par les Zimbabwéens.

‘Audace’ inacceptable pour les capitalistes occidentaux et leurs mediamensonges qui dans leurs analyses partiales et mensongères avaient unanimement mis en cause la responsabilité du président Robert Gabriel Mugabe dans cette politique. Ceci sans pointer du doigt certaines clauses de la conférence de Lancaster House tenue à Londres en 1979. Rencontre au cours de laquelle des représentants Britanniques et Zimbabwéens s’étaient rencontrés pour résoudre le transfert de pouvoir et d’autres problèmes antérieurs à l’indépendance. Cette réunion eut pour pierre d’achoppement la question foncière qui fut l’une des plus difficiles à résoudre.

Promesses de guerre et honteuse manipulation des media

La méconnaissance de l’Histoire du Continent, singulièrement de celle du Zimbabwe—marquée par un passé particulièrement odieux des régimes ségrégationnistes blancs qui ont dirigé avant le président Mugabe ce pays qui n’est pas le leur—, a amené certains Africains à condamner sans arguments politiques et juridiques plausibles la politique de réforme agraire du président Mugabe.

L’usage démagogique fait par les media-mensonges faisant passer les expropriés pour la menace et les expropriateurs pour les menacés, combiné aux efforts des puissances occidentales pour déstabiliser le Zimbabwe-Libre n’avait qu’un but. Constituer les ingrédients pour déclencher une guerre civile qui les fait vivre. Une guerre pour réexproprier les Zimbabwéens. Puis re-soumettre les paysans qui ont été surexploités dans les champs sous la politique esclavagiste du régime ségrégationniste Blanc.

Toutes les arcanes politiques occidentales, leurs media dont les reportages sont d’une honteuse partialité, et bien entendu les Russes et surtout les Chinois enclin à ‘voler’ des milliers d’hectares de terre en Afrique, prédisaient et voulaient de cette guerre qui n’aura pas lieu. Le patriarche Mugabe—comme le nomme une frange importante d’Africains, a quitté le pouvoir sans qu’une balle ne sorte d’un canon pour opposer le peuple qu’il a conduit à l’indépendance. Ni une autre pour imposer une guerre ‘raciale’ comme prophétisait Sule Lamido, ex-ministre Nigérian des Affaires étrangères. Ni une autre encore pour imposer les deux guerres tant souhaitées pour ruiner ce pays qu’ils ont mis à genoux.

Réformes agraires et vols de terres sous l’ère coloniale

L’importance de la terre au Zimbabwe est évidente. ‘Il n’est pas exagéré’ comme écrivait Herbst, J., dans “The Dilemmas of Land Policy in Zimbabwe’’ ‘de dire que, d’une manière ou d’une autre, le sort des droits de propriété dans le domaine foncier sera une clef déterminante de la structure de l’économie politique du Zimbabwe dans les années à venir.’ Ce constat se vérifie depuis l’époque coloniale.

En effet, sous le régime d’apartheid ce pays a connu trois réformes agraires. La première, dès les premières années de colonisation en 1890. Elle avait permis aux colons d’acquérir la plupart des bonnes terres agricoles en quelques années. La seconde, le ‘Land Apportionment Act’ est ‘ratifié’ en 1930. La troisième, le ‘Land Tenure Act,’ est adopté en 1969 après la proclamation de la Rhodésie raciste indépendante.

Ségrégation géographique

La Loi sur la répartition des terres de 1930 et la Loi sur le régime foncier de 1969 sont les deux principales adoptées durant la colonisation qui ont commencé la ségrégation géographique de la population en raison des droits fonciers. Elles établissent non seulement la ségrégation territoriale mais organisent la répartition inégale des richesses. Le géographe Français Michel Foucher sur ce, écrivait, ‘en Rhodésie du Sud, la totalité du territoire jugé utile et utilisable a été répartie, selon les critères exclusifs de la race et explicites de la ségrégation géographique.’ Cette ‘ségrégation géographique’ attribue les terres riches et fertiles aux colons Blancs. Les Noirs, des millions, comme les ‘Indiens’ des Etats Unis sont parqués dans des ‘Native reserves’ de Gwai et de Shangani. Des terres excessivement pauvres éloignées des zones viabilisées.

Cette séparation— explique un écrit de 1931 d’une Commission Britannique—avait été faite pour ‘réduire les points de contact entre les deux races.’ Cette Commission justifiait ce cloisonnement sous le prétexte de ne pas rompre les habitudes de vie des Noirs. Ce ‘mur’ selon le rapport de la Commission Carter servait de barrière sécuritaire. Car, ‘il [valait] mieux réduire les points de contact entre les deux races, jusqu’à ce que l’indigène ait beaucoup progressé sur la voie de la civilisation.’ La loi foncière n. 54/69 soutenait aussi cette thèse de division. Elle s’assurait que chaque race ait sa propre zone. ‘Il était donc question [selon la philosophie coloniale] que les intérêts de chaque race soient primordiaux dans sa propre zone.’ Par conséquence et ‘théoriquement,’ ‘aucune des deux races ne [devrait] occuper de terrain dans la zone de l’autre race, sauf par permis délivré par un ministre du gouvernement lorsque cela lui sembl[ait] souhaitable.’ Ces lois dans leur formulation n’avaient aucune intention de protéger les Noirs.

Expropriation massive

Toutes ces lois et alibis avaient contribué à une confiscation massive des terres des Noirs. À la date de l’application de la disposition n. 54/69, seuls 45,000 acres/18,210ha environ de terres avaient été acquis par des Africains contre 31 millions acres/12,545,020ha environ dévolus aux Européens. D’ailleurs le manque de capitaux des autochtones pour acheter des terres, ajouté à l’esprit suprématiste blanc et au fameux ‘permis’ délivré par l’administration coloniale, donnèrent l’opportunité aux colons de grignoter dans l’infirme portion qui était destinée aux Noirs.

En 1980, les fermiers commerciaux Blancs, environ 6 000, détenant 39% des terres. Par contre, les petits fermiers commerciaux Noirs, au nombre de 8 000, détenant 4%. Les terres communales où vivaient 4 millions de personnes, les Blancs en détenaient 41%.

Dans ce pays, certains fermiers possédaient au moins 2000ha de terre. La famille Oppenheimer qui contrôle l’Anglo American et la compagnie minière ‘De Beers Investments’ en Afrique du Sud possédait 140.000ha de terres au Zimbabwe. La campagne médiatico-politique Française plus intéressée par ce qui se passe sous d’autres cieux que sous leur nez n’expliqua pas durant sa chevauchée anti-Mugabe qu’en France la taille moyenne des exploitations agricoles est de 73 hectares. Elle ne rappela pas aux Français que lorsque de Gaulle a signé avec Ben Bella les ‘Accords d’Evian’ en 1962 qui avait mis fin à la guerre d’Algérie, aucun point de ces ‘Accords’ ne demandaient aux colons Français de rester en Algérie tout en conservant les terres et biens extorqués aux Algériens.

Pièges des ‘Accords de Lancaster House’

Les stratégies de vol de terre conçues depuis la colonisation se poursuivent avec les ‘Accords de Lancaster House.’ Imposés au président Mugabe, ils sont signés en Décembre 1979 entre autres par lui, le ministre Britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, Lord Carrington, mais aussi par le ségrégationniste Ian Smith. Ce texte de ‘compromis’ n’évacua pas les questions de terre ni celles de l’esclavage des Noirs. Au contraire, ces ‘Accords’ interdisaient au futur gouvernement Zimbabwéen de Mugabe, de se réapproprier avant dix ans les terres ‘volées,’ sans octroyer une compensation financières ‘au prix du marché et en devises’ aux colons. Sur la base de ces ‘Accords,’ le gouvernement ne pouvait acheter des terres contre le gré du propriétaire que si elles étaient ‘sous-exploitées’ ou requis pour un but public, et seulement si le propriétaire recevait une compensation financière complète. En clair, il fallait que ce soit un marché consentant.

Les colons savaient que le gouvernement embryonnaire Zimbabwéen n’aurait jamais les ressources nécessaires pour récupérer ces terres. Cette clause-piège limita le gouvernement à acquérir uniquement des terres de mauvaise qualité mises en vente par les Blancs.

La Grande Bretagne par Lord Carrington conscient de cette duperie, s’était engagée à aider à financer un programme de redistribution des terres. Mais depuis les ‘Accords de Lancaster House’ jusqu’à ce jour, aucun gouvernement Britannique, Conservateurs ou Travaillistes, n’a tenu ces promesses d’Etat. Cet engagement non-respecté avait motivé la réforme agraire de 2000.

Réappropriation des terres volées

Les ‘Accords de 2000’ portant sur la réforme agraire engagée par le président Mugabe avaient été conclus entre le ministre des affaires étrangères du Zimbabwe et des ministres qui représentaient la Grande-Bretagne, le Canada et l’Australie. Le médiateur principal était Olusegun Obesanjo, président du Nigeria. Des ministres du Nigeria, d’Afrique du Sud, du Kenya et de la Jamaïque étaient également présents à la réunion spéciale du comité de réforme agraire qui devrait mettre fin à la spoliation et de l’exclusion programmée des Noirs.

Derrière ces reformes il existait—contrairement à la propagande occidentale répétée par les laquais Africains—des aspirations légitimes du peuple Noir spolié et appauvri par des colons blancs d’abord, ensuite par le gouvernement de la minorité blanche. Contrairement aux idées répandues, ces terres n’avaient pas été reprises sans encadrement politique et juridique. La constitution et la composition du Comité de réforme le démontrent.

A supposer que cela n’ait été le cas. Ces terres sont bien Zimbabwéennes et non Occidentale. En plus, pourquoi le Zimbabwe devrait-il racheter(?) les terres qu’il n’a pas vendu?

‘Grenier à blé,’ puis désert(?)

Le déboîtement des faits historiques dans l’explication des réformes agraires au Zimbabwe accorde un crédit-non-mérité aux fermiers Blancs. Le discours binaire qui soutend cette propagande expose que le Zimbabwe, ‘grenier à blé’ avec les Blancs, est devenu un désert avec les reformes de 2000.

Seulement, les tenants de cet argumentation oublie que des générations de Rhodésiens Noirs ont dû trimer dans les champs comme pendant des siècles d’esclavage pour constituer cette réserve à grain. Travail forcé légiféré par une multitude de lois sur le travail(?), toutes conçues pour asservir encore davantage la main d’œuvre Noire-Rhodésienne puis Zimbabwéenne. Textuellement comme ils ont fait pour construire les hôpitaux, les chemins de fer, les routes sous la colonisation, orientés vers leurs intérêts d’abord, et utilisent aujourd’hui ces pièces d’esclavage pour expliquer les bienfaits de la colonisation.

Bataille Agraire combattue par les voisins

La distorsion de la vérité historique sur les réformes agraires au Zimbabwe a servi en partie les voisins du président Mugabe qui ne partageaient pas sa ligne de bataille agraire.

Ils craignaient que la politique agraire de Mugabe ne suscite des révoltes ou des contestations chez eux. Puisqu’ils n’avaient pas pu récupérer les terres extorquées par les Blancs à leurs peuples afin de réparer les inégalités et l’injustice dont ils ont été/sont victimes.

C’est le cas de l’Afrique du Sud où malgré l’arrivée de l’ANC au pouvoir, les Noirs ne possèdent que 15% des terres. Pourtant il existe des lois autorisant la restitution des terres à ceux qui avaient été expropriés sous l’apartheid. En Namibie, la plupart des 4 000 grandes fermes commerciale, appartient à des Blancs.

Syndicats, MDC, Mnangagwa, laquais de l’impérialisme

Outre les voisins de Mugabe qui s’étaient déchaînés contre son plan de bataille agraire, les anti-valeurs intérieures pour d’autres raisons embarquèrent dans la même barque. S’attaquant à leur président plutôt qu’à son système, ils mirent en avant la critique de sa réforme agraire. Les syndicats et le Movement for Democratic Change-MDC, ‘laquais de l’impérialisme’— ainsi nommés par le président Mugabe—soutenaient la démarche et les présages d’enfer des colons à travers leur discours pro-occidental de la confiscation des terres. Voyant dans cette traitrise, l’unique voie pour être financés et accéder à la magistrature suprême.

Chemin emprunté par Mnangagwa. Sa promesse d’arracher aux Zimbabwéens leurs terres et de les remettre aux Blancs lui ouvre les portes du Palais. Faisant de ce dernier et de tous ceux qui ont construit leur adversité contre Mugabe sur les thèses occidentales, les meilleurs agents actifs de l’impérialisme occidental.

Condamner en niant l’histoire

Ne pas connaitre l’Histoire du Zimbabwe ou la nier, constitue une barrière à la compréhension de la politique de récupération des Terres agricoles menée par le président Mugabe. Cette ignorance ne permet pas sur d’autres facettes d’avoir une bonne prise sur les problèmes actuels qui se posent à ce pays.

Il n’y a donc pas sur ces faits, meilleur moyen d’exposer son ignorance de l’histoire de ce pays que de dire ou d’écrire que Mugabe a exproprié les Blancs de leurs terres en 2000. Dans tous les cas, Des ‘imbéciles’ Africains qui ne savent pas ‘que c’est [leur] ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales,’ comme disait Bertolt Brecht, poète et dramaturge Allemand vont continuer à condamner le Patriarche.

Feumba Samen

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