quand David versus Goliath devient un ennemi du pouvoir…

Joseph Titi

GRONOUANT
u vas tomber !C’est le tube de l’année pour ne pas dire plus. Cette chanson intitulée « tu vas tomber… » et dont la vidéo trainait depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux a finalement été sortie de l’anonymat avec sa chorégraphie plutôt baroque.
Le maître des lieux, le Pasteur Benjamin Boni, président de l’Eglise méthodiste unie a donc été convoqué par la Préfecture de police pour répondre de faits le concernant ce jeudi. Il devra forcément s’expliquer non pas sur les pas de danse de ses choristes mais sur les desseins éventuels de cette chanson.
Qui va tomber et pourquoi il ne devrait pas seulement s’agir de celui, dans la chrétienté, que les fidèles religieux aiment tous voir tomber, plus bas que poussière : le démon ? Mais alors comment fermer toute échappatoire à un pasteur dont les chantres n’ont pas dit un seul mot de celui qui va tomber ou qu’on peut tous vouloir voir tomber dans notre pays ? A moins de lui reprocher que le cantique espérer ceux qui croient en une délivrance venue du ciel, je n’arrive pas à imaginer, à titre personnel, comment peut être mené un tel interrogatoire !
Car on voit bien qu’il est difficile de convoquer pour une telle chanson un homme de Dieu est très respecté par sa communauté et qui plus est n’a jamais eu le moindre écart à se reprocher. Plus sérieusement, cette convocation pose à nouveau, et cela depuis dix ans, le rapport de ce pouvoir à la liberté d’expression. Car c’est comme s’il nous était tous interdit non pas d’exprimer une opinion, ce qui est déjà attentatoire à un droit constitutionnel fondamental, mais de ne pas parler tout simplement tant qu’on n’est pas sûr que ce qu’on a à dire ne sera pas source d’interprétation de la part du gouvernement et de ses garde-chiourmes.
Nous voilà donc tous en danger. Mais surtout, face à la raison principale pour laquelle tous ceux qui tiennent à leur liberté comme à un espace dans lequel aucun pouvoir ne peut interférer doivent se battre pour que M. Ouattara tombe. Parce qu’au demeurant, la Constitution à laquelle il s’accroche pour organiser une présidentielle de tous les dangers le 31 octobre n’a de valeur à ses yeux que lorsqu’elle est soumise à ses intérêts. Un président n’est pas un dieu et la population ses sujets sur laquelle il marcherait quand cela lui chante et qu’il pourrait châtier quand elle chante des couplets qui lui paraissent suspects. Un tel chef doit tomber parce que la liberté est comme l’air frais dont le poumon a besoin pour répandre dans tout le corps la vie. Parce que sans cela, il n’y a plus de vie comme sans liberté d’expression nous ne sommes que des prisonniers enfermés sous un ciel ouvert.
Joseph Titi Gnahoua
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du coup, vu la nouvelle qui s’est répandue rapidement sur la toile, la chanson a disparue, vidéo censurée, mais les accusations changent…

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