Les recommandations du Dr Ahoua Don Mello

LE CORONAVIRUS : ÇA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES…

https://abidjan.net/qui/photos/don-mello.jpgDu 31 Décembre 2019 au 3 Janvier 2020, 44 cas de pneumonie d’étiologie inconnue sont signalés à l’OMS-Chine à Wuhan en Chine.

Les médecins Chinois commencent d’abord par suspecter plusieurs germes pathogènes respiratoires.
Après 22 germes testés négatifs, les médecins ont conclu à un virus inattendu mais de dangerosité mondiale.

Du 11 au 12 Janvier 2020, le lien est établi entre la maladie et le marché de fruits de mer et d’animaux vivants de Huanan (Wuhan). C’est une zoonose, une maladie transmise de l’animal à l’homme.

Selon un journal de Hong Kong, le « South China Morning Post », le premier cas remonte précisément au 17 Novembre 2019.

Après plusieurs analyses, le séquençage génétique du virus mettent en évidence un nouveau virus responsable de la maladie : le SARS COV2 responsable de la maladie de coronavirus baptisé de son abréviation anglaise covid-19 (coronavirus virus disease 2019).

Le virus est presque présent chez tous les animaux et même chez l’homme. Il y a plusieurs espèces. Certains sont pathogènes pour l’homme, d’autre non. Tous ne sont pas connus. On en découvre de nouveaux aujourd’hui.

L’organisme humain n’étant pas habitué à ce virus nouveau va se défendre. Soit il réussit à se débarrasser du virus, soit il tombe malade et contamine ses proches. Et de proche en proche, le virus va s’étendre à plusieurs villes avec le développement des moyens de transports.

Pour mémoire, la municipalité de Wuhan, capitale de la province de Hubei, est située en Chine centrale le long du fleuve Yang-Tsé et de la rivière Han et compte 11 millions d’habitants. Point de départ de la révolution qui renversa la dynastie des Qing et instaura la République de Chine, elle a été aussi la ville de rupture entre le parti communiste Chinois et le Kuomintang ayant conduit au triomphe de la révolution communiste de 1950.

Suite à la politique d’ouverture de Deng Xiaoping visant à développer les pôles économiques le long des côtes mais également le long des frontières et du fleuve Yang-Tsé, Wuhan a multiplié ainsi les pôles économiques et les infrastructures dont un aéroport international de 24 millions de passagers en 2018 accueillant entre autres Alitalia et Air France (3 vols directs par semaine). C’est aussi l’un des lieux privilégiés des entreprises Européennes délocalisées en Chine. Le site d’assemblage de Wuhan est la principale implantation industrielle de PSA Peugeot Citroën et de Nissan en Chine en partenariat avec le groupe local Dong Feng Motors Corporation. Il produit, depuis les années 2000, l’ensemble des pièces détachées de Citroën.

La ville est considérée comme l’une des trois métropoles les plus chaudes de la Chine, en raison des températures très élevées atteintes en été (39°). Le climat de Wuhan correspond aux critères du climat subtropical à influence de mousson. En mars 2020, la température oscillait entre 13°C et 22°C.

C’est dans ce contexte et de ce site, qu’à partir du 13 Janvier 2020 le covid-19 s’est propagé dans le monde entier.

Pour passer les cellules humaines, ce commando invisible a besoin de récepteurs. Ces récepteurs humains sont proches dans leur configuration à ceux du pangolin. C’est la raison pour laquelle le pangolin est fortement suspecté. Ce récepteur est présent dans la sphère respiratoire, c’est ce qui explique la transmission respiratoire de ce virus. La transmission n’est ni cutané ni orale. Elle peut être manu portée vers les voies respiratoires en prenant le virus d’une main, d’un milieu ou d’une surface inerte contaminée ( table, poignée de porte etc).

Ce virus ne connaît donc ni climat chaud, ni climat froid, ni couleur de peau.

La rude bataille, entre ces commandos invisibles et les cellules du corps humain produisant et mobilisant des anticorps, entraîne une augmentation de température. l’apparition de fièvre, de maux de gorge, de rhume, de toux , d’éternuement, de céphalées sont les premiers signes symptomatiques d’atteinte par le virus.

En fonction des moyens de résistance du corps, cette élévation de température est plus ou moins faible. Les corps jeunes résistent plus et peuvent gagner la bataille. Une température normale ne signifie donc pas forcément une personne non contaminée.

Pour la détection du virus, les techniques les plus fiables sont les techniques de biologie moléculaire (RT-PCR) pour pouvoir détecter des cas de personnes contaminées ne présentant aucun signe symptomatique .

Le 24 février 2020, une étude du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies paraissait dans le « New England Journal of Medecine ». Sur 44 672 cas confirmés, 10% ont un âge inférieur à 30 ans et 90% supérieur à 30 ans. Sur ces cas confirmés, le plus grand taux de décès se situe dans la tranche d’âge au-dessus de 70 ans, aucun décès pour la tranche d’âge en-dessous de 10 ans et 1,3% entre 10 et 70 ans. Selon les résultats de cette étude, sur 100 personnes contaminées, le nombre moyen de décès est de 2 et 1% des personnes testées positives par RT-PCR ne présentaient ni fièvre, ni toux.

L’état de santé initial des personnes contaminées est un facteur déterminant. Les moins résistants sont ceux qui ont des problèmes respiratoires, cardiovasculaires ou des problèmes de diabète ou de tension (Source : Chinese Center for Disease Control and Prevention. Données du 11 Février)

Pour les corps moins résistants, le virus fait ravage dans les poumons. Le nombre élevé de cellules du poumon atteintes peut entraîner des difficultés des poumons à pomper de l’oxygène pour le sang. Le rythme respiratoire s’accélère pour compenser la faiblesse des poumons et la toux aide à les booster. Ce sont les seconds signes symptomatiques de la maladie.
À ce stade, l’imagerie médicale des poumons permet de rendre visibles ces commandos invisibles. Leurs aspects ressemblent à une cérémonie de têtes couronnées, d’où le nom de corona.

Lorsque les poumons sont envahis, une hospitalisation s’impose pour aider médicalement les poumons à pomper l’oxygène pour les besoins du corps.

Si un homme peut se passer de nourritures pendant un ou plusieurs jours, il lui est par contre, impossible de tenir quelques minutes sans oxygène. À cette étape, le malade est entre la vie et la mort.

Les recherches de remèdes pour traiter la maladie sont au stade préliminaire. La Chine a expérimenté au moins 200 médicaments sans succès probant. Les essais cliniques pour soutenir une thèse acceptable par la communauté scientifique sont au stade préliminaire.
Sauf pour des produits déjà autorisés dont on connait tous ses effets secondaires, la plage de temps nécessaire pour les essais de nouveaux médicaments est entre 2 et 10 ans (depuis l’autorisation de mise à l’essai à l’autorisation de mise sur le marché). Il est donc difficile au stade actuel de se fier aux résultats préliminaires fondés sur de faibles échantillonnages et n’ayant pas parcouru toute les phases méthodologiques qu’exigent les essais cliniques d’un médicament (test de laboratoire, recherche de la bonne dose et de la bonne fréquence, analyse des effets secondaires sur des animaux ou des oiseaux, test en vraie grandeur sur des corps saints pour les vaccins, etc.).

Malgré les tests en cours, un consensus d’experts chinois a recommandé le 20 février 2020, d’inclure le phosphate de chloroquine déjà autorisé pour d’autres traitements, dans les recommandations de prise en charge des patients sans contre-indication à la chloroquine, à raison de 500 mg deux fois par jour pendant dix jours pour les patients diagnostiqués comme des cas légers, modérés et sévères de covid19. Cependant les effets secondaires à haute dose sont jugés sérieux, ce qui fait hésiter la communauté des chercheurs à ce stade de la procédure inachevée des essais.

Des antirétroviraux sont testés sur les récepteurs membranaires du coronavirus pour les neutraliser sans encore de succès probant .

Les malades légers (80 % des cas) n’ont pas besoin d’hospitalisation. Ils doivent rester chez eux, et porter un masque chirurgical en présence d’autres personnes.

À l’heure actuelle, la seule réponse appropriée contre le covid19 est donc la prévention.
Le virus qui est un virus enveloppé, est détruit par le savon, les solutions chlorés, l’alcool entre 60° et 70°.

L’évitement des milieux fermés ou ouverts contaminés, des sujets suspects ou confirmés, des lieux de grands rassemblements, le lavage fréquent des mains, l’utilisation de mouchoirs jetables ou encore la désinfection à l’eau et au savon, suivi de l’utilisation de gel hydro alcoolique des mains après contact avec des objets contaminés ou après les échanges manuels sont des éléments importants de la prévention. La consommation de fruits, de viande ou d’œuf mal lavés ou mal cuits est déconseillée.

Malgré la jeunesse de la population Africaine qui est un atout contre cette maladie, le mode de vie en Afrique est un facteur aggravant pour une propagation rapide : familles élargies, cour commune, transport en commun, marchés à très forte concentration humaine, manque d’eau potable, fêtes, mariages et funérailles grandioses.

Il existe trois phases dans cette épidémie. La phase verte où il n’y a pas de cas positifs. La phase jaune ou les positifs viennent des pays en épidémie qui contaminent leurs proches à leur retour de voyage. Et la phase rouge où les autochtones contaminent d’autres. Les hôpitaux sont envahis, le système sanitaire est fragilisé et débordé avec beaucoup de malades et de décès.

Cette phase rouge doit être évitée en Afrique par une grande sensibilisation, un appel à la responsabilité de toute la population et la prise de mesures draconiennes.
Le confinement est important pour éviter la diffusion du virus dans la population.

Prendre des mesures draconiennes pour éviter la phase rouge en Afrique ne peut faire l’objet d’économie. Toute économie peut coûter très cher à terme. En effet, plus de la moitié de la population vit le jour au jour ou le mois au mois sans épargne et le confinement prive cette majorité de ressources. Mourir de famine ou de covid19 est le défi à relever par les Etats Africains.

Les trains de mesures contre la propagation du virus doivent donc s’accompagner de trains de mesures pour maintenir le minimum vital des ménages et des entreprises affectés par ces mesures en révisant et adaptant les budgets de 2020.

Tout laxisme peut entraîner des conséquences dramatiques.
Dans un contexte similaire, en Europe, la pandémie de la peste a causé l’hécatombe entre 1348 et 1352. Plus du tiers de la population Européenne avec une majorité d’agriculteurs et d’artisans, a été emportée. Une longue période de pénurie de main d’œuvre et de famine a suivi. La population française est passée de 17 à 10 millions d’habitants. Ceux qui avaient survécu étaient plus immunisés contre plusieurs maladies infectieuses comme la variole.

Pour survivre, sous l’impulsion de Jean Premier, Roi du Portugal (1357-1433) et de son fils Dom Henrique dit le navigateur, les portugais décidèrent l’exploration systématique de la côte africaine pour contourner le monopole des arabes sur le commerce de l’or et des épices avec l’Afrique et l’Asie. La richesse accumulée par le Portugal, suscita l’intérêt des autres Européens et en 1492, le génois Cristoforo Colombo, au service de la cour d’Espagne, découvre l’Amérique en croyant atteindre l’Asie.
Les multiples expéditions qui suivirent introduisirent la peste et la variole. Les Africains plus immunisés résistèrent mais les amérindiens moins immunisés périssèrent en masse (entre 50 et 80% de la population amérindienne emportée), remplacés par des Africains. La conséquence a été l’esclavage, la colonisation et le passage de l’Europe du moyen-âge à l’époque moderne.

Vers la fin de la première guerre mondiale, en 1918, la grippe espagnole qui s’est propagée via les militaires américains, des Etats-Unis vers l’Europe, a causé 25 millions de décès. C’était les prémisses de l’expansion économique des USA ayant atteint son rayonnement mondial après l’hécatombe de la deuxième guerre mondiale.

Ça n’arrive pas qu’aux autres ! Les conséquences économiques, sociales et sur le nouvel ordre mondial d’une telle épidémie peuvent être insoupçonnées.

Nos gouvernants, universitaires et bureaux d’études doivent donc, dès à présent, anticiper sur les impacts de cette pandémie et les actions à court, moyen et long terme à mettre en oeuvre.

DR Ahoua DON-MELLO Ahoua Donmello