Affi N’guessan libéré

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Vaincus par la division
Pascal Affi N’guessan a été libéré dans l’après-midi de ce mercredi, après deux mois de captivité, détenu dans un lieu inconnu.
Son apparence s’en est retrouvée changé en raison d’une tignasse blanche inhabituelle qu’il arbora à son arrivée à son domicile assortie avec une barbe de plusieurs semaines.
C’est la première fois que l’on voit l’ancien Premier ministre de Gbagbo ainsi, sans son habituelle coiffure impeccable qui, d’ordinaire, le rajeunit. Mais à part ça, Affi N’guessan semblait bien portant, le sourire traditionnel à la bouche et visiblement heureux de retrouver les siens ainsi que sa maisonnée.
Tout n’est pourtant pas fini, puisque le président de l’aile minoritaire du FPI, décrétée légale pour le bien de la division, est accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat par le biais d’une tentative d’insurrection. Les audiences à venir nous décriront plus clairement de quoi tout cela retourne parce qu’en Côte d’Ivoire, il est de notoriété publique qu’entre les accusations de base et la réalité des pièces à conviction, il y a toujours un grand fossé.
En attendant, c’est à tour de rôle qu’Alassane Ouattara humilie tous nos leaders. Car si la tignasse blanche d’Affi fait juste sourire et montre qu’il avait recours à la teinture pour conserver son apparence jeunesse, il y a surtout le spectacle dévastateur de sa détention pendant laquelle un homme hors-champ lui pose des questions auxquelles il est tenu de répondre.De telles images nous avaient également été imposées, lors de l’arrestation du couple Gbagbo,en avril 2011, l’ancien président se retrouvant en sous-vêtement à la vue de tous avant de se faire porter une nouvelle chemise.
Or pendant qu’il nous humilie, à tour de rôle, nous continuons de nous régler des comptes entre nous parce que finalement notre destin est de nous contenter de petits royaumes sans protection. Et le FPI en perd son socle et sa capacité à montrer la voie face à l’adversité.Nombre de nos compatriotes restent largement persuadés que les élections législatives auxquelles l’opposition a prévu de participer sont d’avance perdues tant que la commission électorale indépendante n’est pas équilibrée et à équidistance des partis politiques.
En réalité, tout le monde oublie que même avec une CEI reformée comme nous le voulons, tant que Affidés et Gor vont se livrer une bataille éhontée de faux culs en public, Alassane Ouattara aura toujours le loisir de s’emparer du pouvoir que nous laissons échapper.
Une nation divisée est vouée à être vaincue. Un parti qui ne retrouve pas le sens de la mesure et de la responsabilité aussi. Mais ça, combien sommes-nous à nous en souvenir ?”

Joseph Titi Gnahoua In Aujourd’hui
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Affi libéré, parle : « Merci au président Bédié pour sa sagesse »

par Afriksoir.net Mer. 30 Dec. 2020
Pascal Affi Nguessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) a été libéré le mercredi 30 décembre 2020. Il souhaite la libération de tous les autres et le retour de Laurent Gbagbo, de Charles Blé Goudé et de Guillaume Soro.

Affi libéré, parle : "Merci au président Bédié pour sa sagesse"

«Merci au président Henri Konan Bédié pour sa sagesse. Et merci au pouvoir qui a décidé aussi de cette libération. Qu’elle s’élargisse aux autres tels que Pulcherie Gbalet, Koua Justin. (…) Au retour au pays de Laurent Gbagbo, de Charles Blé Goudé et aussi de Guillaume Soro», tels ont été les premiers mots de Pascal Affi Nguessan dès la descente de du véhicule qui l’a ramené à son domicile. Il avait à ses côtés, son épouse Angeline Kili et Christine Konan qui avait assuré son intérim.

Selon une source proche, Pascal Affi Nguessan est en liberté provisoire. « Le prèsident est en liberté provisoire. Il est placé sous contrôle judiciaire. Une fois par mois il doit pointer chez le juge d’instruction. Il peut donc être candidat aux élections législatives vu que son casier judiciaire est vierge faute d’avoir été définitivement condamné», a expliqué la source à l’équipe d’Afriksoir.net.

Arrêté dans la nuit de vendredi 6 au samedi 7 novembre 2020, à Adzopé, à une centaine de Km d’Abidjan, il est reproché à Pascal Affi Nguessan, l’incendie et la destruction de véhicules appartenant à autrui, de biens immeubles, le pillage de marchandises et de propriétés immobilières ainsi que de coups et blessures volontaires.

Rappelons-le, les résultats provisoires donnés par la Commission électorale indépendante (CEI), ayant donné Alassane Ouattara vainqueur de l’élection avec 94,27% des voix. L’opposition, contestant cette élection du 31 octobre 2020, a créé le 2 novembre 2020 un Conseil national de transition (CNT) dirigé par l’ancien président Henri Konan Bédié.


Affi, Gbagbo et Soro


Il était question pour l’opposition ivoirienne avec ce Conseil de mettre en place un gouvernement de transition civile. Les leaders de l’opposition qui ont décidé de se réunir le mardi 3 novembre 2020 pour la mise en place de ce gouvernement, avaient été empêchés par des forces de l’ordre ce jour-là. D’ailleurs, un blocus a été imposé aux résidences de Henri Konan Bédié et de plusieurs leaders de l’opposition dont Assoa Adou, Albert Mabri Toikeusse et Affi Nguessan.

Henri Konan Bédié du PDCI-RDA et Pascal Affi Nguessan étaient les candidats de l’opposition ivoirienne qui avaient été retenus pour l’élection présidentielle d’octobre 2020. En soutien aux autres candidats comme Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Albert Mabri Toikeusse qui, eux avaient vu leur candidatures rejetées, les premiers avaient refusé de participer au scrutin. Ils estimaient également que les conditions n’étaient pas réunies pour une élection crédible. Les heurts avant pendant et après l’élection présidentielle d’octobre 2020 ont entraîné plusieurs pertes en vies humaines (85 morts au total) et de nombreux dégâts matériels dans plusieurs villes sur le territoire national.

Notons que dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition s’est ouvert le lundi 21 décembre 2020. Hamed Bakayoko, le Premier ministre, avait reçu à la primature les différentes parties afin d’apaiser les esprits après le scrutin présidentiel d’octobre 2020 qui a fait 85 morts. Ce premier contact a réuni les grands courants de l’opposition politique ivoirienne, à savoir le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) d’Henri Konan Bédié, le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan et la plateforme EDS, proche de l’ancien président Laurent Gbagbo. Avec la libération de Pascal Affi Nguessan les points d’accord entre l’opposition ivoirienne et le pouvoir d’Alassane Ouattara semblent être en train de se concrétiser.

Roxane Ouattara

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